PARIS ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
28, RUE BONAPARTE, Vl°
BRARYS DEc11472 À S
GRR
Les papyrus de Magdôla, trouvés par MM. PIERRE JOUGUEr et Gusrave LErFEBvRE dans les cartonnages de Médinet-en-Nahas (Fayoûm), ont été publiés par eux dans le Bulletin de Correspondance hellénique, XXVT, 1902, pp. 95-128, et XXVIT, 1903, pp. 174- 205, à l'exception d’un seul, qu'ils ont fait connaître par la suite dans les Mélanges Nicole, pp. 282 sqq. Ils ont été étudiés par M. Wiccren, dans l’Archio für Papyrusforschung, HW, pp. 390 sqq., II, pp. 308 sqq., et par M. CrôNERT, dans la Revue des Études grecques, 1903, pp. 193 sqq.; le Rév: J.-P. Manarry ἃ réédité l’un d'eux, le n° 11, dans l’Archiv, IV; pp. 56-9, et M. Th. ReINaAcH un autre, le n°85, dans les 176]. Nicole, pp. 451 sqq., le premier d’après une photographie, le second d’après l'original; enfin et surtout, M. WiLcken a fait en 1904 à l’Institut papyrologique de Lille, où ces textes sont déposés en attendant le partage des antiquités de Magdôla entre la France et l'Égypte, une revision de la plupart d’entre eux et 1] ἃ publié dans PArchre, IV, pp. 47 sqq., ses corrections, ses nouvelles lectures et ses conjectures : contribution très importante à l'établissement du texte, et d'autant plus remarquable que M. WiLCkEN n'a pu consacrer que deux jours à l'étude de ces documents. Une seconde revision m'a cependant permis, et l'on s’en étonnera moins dans ces conditions, d'améliorer encore le texte
même après un lecteur aussi habile; le commentaire devait, d'autre
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part, ètre repris sur nombre de points : ces deux raisons m'ont déterminé à entreprendre la seconde édition que je donne iei aujourd'hui.
Elle comprend toutes les pétitions de Magdôla déjà publiées dans l’ordre et sous les numéros où elles sont connues, sauf deux exceptions. M. WILCKEx a reconnu que le n° 37 était en réalité le début du n° 11; les deux fragments ont été naturellement réunis, et sous le n° 44, qui était celui du plus important; le n° 37 n'a été donné à aucun texte, pour éviter toute confusion dans les références. D'autre part, j'ai attribué le n° 42 à la pétition publiée dans les 376]. Nice. On trouvera done ici au total quarante et un textes. Ils sont réédités d'après la méthode que nous avons déjà suivie, MM. Jouauer, Corrartr et moi, dans le tome premier des Papyrus de Lille : les textes sont transcrits avec accentuation et ponctuation, précédés d’une introduction qui indique quel est leur intérêt, suivis d’une traduction toutes les fois qu'il est possible, et accompagnés d’un commentaire sous forme de notes renvoyant aux lignes du texte. Jai cru devoir toutefois apporter quelques innovations. L’introduetion de chaque pétition est précédée d’une brève bibliographie, qui renvoie à l'editio princeps et aux travaux critiques dont le texte a été l’objet. Les notes critiques ne contiennent pas seulement des indications sur l'original et, le cas échéant, des corrections, mais encore les lectures, corrections et conjectures des divers érudits qui ont étudié ces documents et, avant tout, celles des premiers éditeurs, toutes les fois que leur texte n'a pas été conservé. Enfin ces quarante et un documents d'origine commune, de date voisine, de nature identique, formént un tout, ils posent où contribuent à résoudre des questions d'ordre général, dont la diseussion aurait difficilement trouvé place dans le commentaire, etils méritent
une étude d'ensemble qui fait Pobjet de cette introduction.
Nos textes contribuaient à former, qui le plastron, qui les chaussures, qui le masque de carton, ele., des momies d'où ils sont extraits; 11 y a done parmi eux beaucoup de fragments, dont certains heureusement se complètent; un cas remarquable est celui de 4, constitué par la réunion de fragments qui proviennent de deux momies différentes; mais la proportion des textes entièrement ou presque entièrement conservés est relativement considérable. Tous sont écrits au recto du papyrus dans le sens de la longueur, perpendiculairement aux fibres et sans colonnes; quand ils sont complets, ils se présentent donc à nos yeux sous la forme de longues bandes de papyrus, souvent assez étroites; la longueur maxtma est de 33 cent.; la hauteur varie avec limportance du texte : il est tres rare qu'au-dessous d'un texte complet, 11 y ait un espace supérieur à celui qu'exigent deux ou trois lignes dapostille; 28 (pl. IX) est exceptionnel à cet égard; la hauteur est en moyenne de 10 à 15 cent. ; pour les textes les plus longs, elle atteint 22 cent. (5, d’ailleurs rogné dans sa partie inférieure et sans apostille) et 23 cent. (14, dont la longueur est assez faible : 27 cent.); la feuille de papyrus est partout d’une seule pièce, sauf dans 14, qui est formé de deux longues bandes, dont lune très étroite, rapportées selon leur longueur.
Tel est l'aspect des papyrus de Magdôla. Dans leur texte, 1] faut distinguer trois parties : a) au recto, le corps de la requête, qui commence au coin supérieur gauche de la feuille étalée dans sa longueur et se poursuit d'une façon presque continue, interrompu parfois par de petits « blanes » entre les mots ou encore, mais rarement, par de plus larges espaces servant de ponctuation (cf. 1, n. 1); il se termine à quelque distance du bord inférieur du papy-
rus ; δ) l’apostille, également écrite au recto, mise par les bureaux
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du stratège, on le verra bientôt, au bas de la requête et commencant au-dessous de sa dernière ligne, un peu en retrait, et occupant au plus deux lignes avec sa date; οἱ au verso, un résumé de la requête, tenant en deux, trois, quatre, ou, exceptionnellement cinq lignes; ilest toujours écrit au verso de la partie gauche du recto et en général au-dessous du début de la requête ; aussi manque-t-1l toutes les fois que la partie droite du texte principal est seule conservée.
Au point de vue paléographique, 11 faut distinguer entre ces trois parties. Dans un même texte, elles sont chacune d’une main différente. Dans leur ensemble, les versos sont écrits en cursive, mais non pas d'une façon négligée; la main varie d’un verso à l'autre, mais 1l y ἃ entre toutes ces cursives une parenté assez étroite; au contraire, les apostilles des deuxièmes mains sont extrêmement dissemblables, très eursives, et le plus souvent très négligées; leur lecture offre de grandes difficultés ; enfin, le corps des requêtes présente une grande diversité d’écritures, qu'il ne faudrait pas exagérer cependant, et assure à nos textes une place importante dans l'étude de la paléographie du 1° siècle. Il est extrêmement intéressant à cet égard qu'on ait pu les dater avec une grande précision : ils remontent, à un ou deux ans près, on le verra ‘, aux années 222 à 218 avant J.-C. À cette époque, nous trouvons en usage dans des bourgs très divers du nome Arsinoïte des types d'écriture variés, qu’on peut classer en onciales ou très voisines des onciales [trois seulement : 8, 9, 82), cursives voisines des onciales (6. g. 1, 11, 14), cursives régulières (6. g. 2, 8, 28), cursives irrégulières (6. g. 6, 29, 30, 42); au premier abord, quand on les examine de près et séparément, ces écritures semblent très différentes; rapprochées les unes des autres, elles conservent, à quelques exceptions près, un « air de famille » indéniable. En
pareille matière, il n’est pas de description qui vaille des repro-