REQUÊTE D'UN NAUCLÈRE
-[γῆς] Ed. | 11. [κ]Ἱερκούρου ἀγωγῆς) W. — L. 3 : γενομένου Ed., γινομένου M.; — (περὶὴξ ᾿Αφροδίτης πόλ[εως) Ed., [κατ]ὰ ᾿Αφροδίτης πόλ[ν] M. WW. —
L. 4 : αναιλ...«θηναι Ed., ἀνα 7ηναι 17... ἀνακομισθῆναι [7]. --- LI. 4-5 : ἐπιστολὰς Ed, ἐπῃ!στολὰς M. W. — L. 5 : τὸν [᾿Ἀρσιν]οἴτην Ed. M.; — ἔχοντες Ed., σχόντες M. ΤΡ. — L: 8 : τοιοῦτό τι Ed., τοιοῦτό τι M. — L. 10 : τῆ: καταγώγηι Ed. W., τῆς καταγωγῆς M. — L. 12 : προστάξαι Ed. W., προστάξας M. — L. 13 : τῶ! σιτολόγω!: Ed. W. Smyly, τῶι ἐπιστάτη. M. — L. 15 : μηδὲ ἱστίοις.. Ed., μηδὲ xevèy τοῦ M., μιηδὲ ἱστίοις [εἶνα!] Crôün., — μηδὲ xevov τὸ [πλοῖον] W. — L. 16 : δύνασθαι] ομ... Ed., Sr Ἰκομί [σωμεν πρὸς 1/., δύνασθαι ἀνα]χομισ]θῆναι 17΄., ὃ[υνατὸν τὸ]μ [πλοῦν ets] τὴν πόλιν Crün.; — α.[]ὰ Ed., ἀλλὰ M.; — τῆς [φιλ])]ανθρω[πίας] Ed., ....[....] 41. — L. 18 : “Ofpxos βασιλικός. ᾿Ομνύω] βασιλέα Ed., ... ᾿Ομνύω] M.; — Πτολεμαῖοίν), Σαρᾶπι(ν), ἾἾσι(ν) Ed., Πτολεμαῖον, Σαρᾶπιν, Ἴσιν) 7].
Verso : Lesq.
Recto
Au roi Ptolémée salut, Libys, #auclère du transport d’Archidamos et de Mètrophanès, jaugeant 10,000 artabes. J'avais recu des instructions à exécuter en Thébaïde, mais pendant un orage qui s'est élevé auprès d’Aphroditopolis, la vergue de la barque vint à se briser, si bien qu'il ne m'a plus été possible de remonter jusqu'où je portais les ordres reçus ; comme lArsinoïte était voisin, en hâlant la barque avec bien du mal, à grand’ peine, puisqu'on ne pouvait plus se servir des voiles, nous l’amenâmes au port de l’Arsinoïte. Il ne faut pas qu’elle s’y abîme; et habituellement, lorsqu'il arrive aux nauclères quelque accident de ce genre, ils le font savoir aux stratèges de la région pour que les barques ne s’abiment pas sur les lieux, qu'il ne se produise pas de retard dans la descente des transports de blé, et qu'au contraire on charge les barques sur le vu des instructions qui leur ont été données d'Alexandrie ; je te prie donc, à roi, d'ordonner à Diophanès le stratège d'examiner cette affaire et, sije dis la vérité, d’ordonner à Euphranôr, le sitologue du district du nord, de charger ma barque (sur le vu de mes instructions antérieures) de blé pris dans sa circonscription, dans le plus bref délai, car ma barque est grande et, les eaux baissant, elle ne pour-
rait, même vide, descendre vers Alexandrie; ainsi grâce à toi, ὃ TO... 5015 heureux.
Serment royal 3] Je jure par le roi Ptolémée et la reine Bérénice
et Sarapis et 1515. et...
Verso
An 25, 26 Lôios-13 Choiac. Requête de Libys, nauclère, pour
faire charger sa barque de blé pris dans le nome.
Ι. Ναύχληρος χτὰ. Nous avons discuté, M. Collart et moi, la signification de ce mot dans P. Lille, 21, introd., et indiqué qu'il fallait distinguer le μισθωτὴς et le ναύχληρος d’une part et de l’autre le vaÿxAnsos et le χυδερνήτης d'une barque; et cette distinction est chose acquise. Nous ajoutions que le ναύχληρος était l'agent de l’armateur ou μισθωτής. Cette définition a été critiquée par Wiccxex, Archiv, V, p. 226, et Rosrowzew, &bid., p. 298 : le roi et la reine, disent-ils, étaient de grands propriétaires de barques, qu'ils louaient à des entrepreneurs privés, les μισθωταί; ceux-ci employaient les barques comme ils l’entendaient ; quant au ναύχληρος, c’est un homme qui soumissionne pour les transports de blé de l'Etat, il n’a rien à voir avec le μισθωτὴς en tant que tel. Il n'est pas douteux que le roi a été un grand propriétaire de barques : P. Petr. III, 107; P. Hib., I, 39, 1. 4: P. Tebt., I, 5, 1. 99; quant à la reine, le fait n’est pas certain : WiLckex l’aflirme, parce qu'il voit dans βασιλίσσης, P. Lille, 22, 1. 8, et 23, 1. 6, le nom de la propriétaire et non celui du bateau {/oc. laud., p. 226); mais deux barques différentes peuvent avoir porté le mème nom; il faudrait ici d'autres textes. Mais le roi a-t-il loué ses barques à des μισθωταί ἢ P. Petr., II, 107, avec ses formules : ἐν τῶ! τοῦ δεῖνος βατιλικῶι (se. χερχούρω! ou χοντωτῶ!), ne permet pas de voir s'il s'agit de υαἰσθωταὶ ou de ναύχληροι ; par contre, dans P. Hib., 1, 39, où il s’agit d’une barque royale, il n'y ἃ pas de μισθωτής ; on ne Connalt de μισθωτὴς, ainsi désigné, que pour les barques que WiLckex croit être la propriété de la reine. Quoi qu'il en soit, dans notre texte Archidamos et Métrophanès sont les possesseurs du bateau; et si l'on adopte l'explication de Rosrowzew et Wizckex, Libys, entrepreneur du transport, est, sinon leur agent, du moins leur locataire, car il a bien fallu qu'un contrat intervienne entre eux pour l'usage de la barques
2. [Κε]ρκούρου. — Kéoxoupos (ou xéoxouoov, P. Petr., 11, 48, cf. III, 116, I. 23,
Ji ᾿
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cf. Archiv, ΠῚ, p. 520) a d’abord signifié une sorte de bateau léger (Héron., VI, 97) ; dans la χοινὴ, il a pris le sens de transport. On rencontre aussi les mots : χερχουροσχάρη, P. Lille, 22, 1.5 ; 23, 11. 5-6; προσαγωγὶς, 2bid., 21, 1. 8, et P. Petr., III, 107 ; xovtwroy, P. Hib., I, 39, 1. 4.
== μυρία. Ce tonnage justifie l'expression peyà πλοῖον, !. 15. Autres tonnages connus à l’époque ptolémaïque : au moins 164 art, P. Petr., IT, 48, cf. III, 116; au moins 250, P. Lille, 23, 1]. 3-4 et 21-23 ; au moins 300, ibid. 22, 125 1900lart 2Perr 11 20, coliv, 11% "ct III 80 (Ὁ): 2.000 τὶ. P.Zrlle; DA ταν 7: 5. συ πεν Pere 21. 1.8: 800fart., PH107 41,98; 1.5
3. [Κατ] ὰ νος ἘΣ Aujourd'hui Atfieh, sur la rive droite du Nil, non loin d'El-Ouasta, embranchement de la ligne du Fayoüm ; ef. n. 5.
Πογέσαι. Cf. 9, n. 3.
4. Τὴν χεραίαν. Vergue ou antenne, que l’on hisse au haut du mât, plus longue et plus forte que lui, sur les bateaux égyptiens ; elle soutient leur unique voile, ce qui explique le παρὰ τὸ μὴ δύνασθαι τοῖς ἱστίοις ἔτι χρᾶσθαι de la 1. 7. στολὰς ἐχόμιζον. Le sens d’ ἀναχομισῆῆνα! ne fait pas
4-5. ᾿Αναχομισῆῆναι οὗ τὰς ἐπι difficulté, quoi qu'en pensent Manarrx οἱ WiLekex, il n’est pas employé, 1. 16, dans le sens de descendre le Nil ou rentrer à Alexandrie : dans cette ligne, on ne peut lire que χομισθῆναι, et tout ce qui précède est entièrement restitué ; le mot signifie ici : remonter le fleuve, puisque les instructions de Libys le dirigeaient vers la Thébaïde : ἀνα conserve le sens de : en haut, comme dans 6. g. XEÉNoPHoN, /ell. 11, 3, 14. — Οὐ est employé pour oi: il y ἃ des exemples de cet emploi avec les verbes indiquant le mouvement mème chez les Attiques.
5. Παρὰ τὸ... pour διὰ τὸς. ; il y a plusieurs exemples de cet emploi dans nos textes : cf. ici-même, 1]. 7 et 15.
Σύνεγγυς εἶναι τὸν ᾿Αρσινοΐτην. L’Arsinoïte est en effet en face d’Atfeh, l’ancienne Aphroditopolis; les communications entre les deux régions étaient assurées par un canal partant de Ptolémaïs Hormou (cf. n. 6-7), et par conséquent du Bahr-Yousouf actuel, et se dirigeant vers le nord-est pour gagner le Nil; nous avons ici, comme Mauarry l’a bien vu, un témoignage de son existence.
Ἕλχοντες τὸ πλοῖον. Le procédé du halage est habituel en Égypte : la corde à laquelle est attaché le bateau est tirée par l'équipage sur les rives et les levées des canaux ; mais ce moyen ne peut être employé pendant la crue que lorsque la hauteur des banques est suflisante.
6-7. Τὸν ὅρμον τοῦ || ᾿Αρσινοΐτου. Ce port de l’Arsinoïte est Ptolémaiïs Hormou, dont l'identification avec la moderne El-Lahoùn (P. Tebt., 11, p. 400) a été confirmée par la provenance de ἢ, Lille, 21, 22, 23.
7. Χρᾶσθαι. La contraction en x est ordinaire en ionien; elle est passée de Ἰὰ dans la κοινὴ, où la forme χρῆσθαι subsiste à côté d'elle; cf. Mayser, Gram-
matik, p. 347.
100 PAPYRUS DE MAGDOLA
8. Manarry pense que Libys espérait pouvoir réparer la vergue à Ptolémaiïs Hormou.
9. Τοῖς ἐπὶ τῶν τόπων στρατηγοῖς. Il n'y avait qu'un stratège par nome. 10. Διαφορὰ, dans le sens de délai, est rare. Τῇ! χαταγωγηι τοῦ σίτου. Les deux termes employés pour le transport des blés
g. concurremment P. Petr., IT, 20, cf. III, 36 (b).
sont χαταγωγὴ et ἐξαγωγὴ, 6.
11-12. En! ταῖς δεδομέναις αὐτοῖς ἐπιστολαῖς ἐκ τῆς || πόλεως. On pourrait penser que αὐτοῖς désigne les stratèges et que les lettres qui leur sont adressées d'Alexandrie sont celles que sollicite Libys dans cette requête; mais l'emploi de δεδομέναις, répondant à ἔχοντος γάρ μου ἐπιστολὰς, |. 2, et de l'expression ἐπὶ ταῖς προυπαργούσαις ἐπιστολαῖς, 1. 14 interl., indique qu’il s’agit des instructions remises aux nauclères à leur départ.
Ἔχ τῆς πόλεως, cf. 1. 16, πρ]ὸς τὴν πόλιν, désigne ici sans aucun doute Alexandrie.
1922 LUpoavoo! TO! σιτολόγωι τῆς χάτω μερίδος. La lecture 76: σιτολόγωι: est certaine. Les recus donnés par les nauclères sont au nom de lagent du basilicogrammate (P. Lille 21, Il. 15-8; 22, 1]. 15-20; 23, Il. 15-20; P. Hib. I, 98, 1. 15-6) ou au nom d’un sitologue (P. Lille 24, 1]. 4-5; P. Petr. IT, 48, cf. III, 116, IL. 5 sqq.); dans δὲ Lille 24, le sitologue semble être celui d’une métropole, dans P. Petr. 11, 48, cf. III, 116, il est dit [τῶν περὶ] || Βούδαστ[ον] τόπων: mais d’autres contrôlaient de simples ἐργαστήρια, 6. ο΄. P. Tebt.T, 159, P. Am. 11, 59; il y avait done toute une hiérarchie de sitologues; le blé, depuis son arrivée aux magasins, ἐργαστήρια Où θησαυροὶ, jusqu'à son chargement sur les barques contre recu des nauclères, était sous leur surveillance; dans un cas comme celui de Libys, le sitologue compétent ne pouvait être qu'un des plus élevés de la hiérarchie; il semble qu'il y avait dans l'Arsinoïle un sitologue en chef par μερίς. Quoi qu'il en soit sur ce point, il reste malaisé de voir quel est le district appelé ici ἡ χάτω μερίς. Dans les nomes qui sont divisés en deux toparchies, on sait que ἡ ἄνω 707272 est la toparchie d’amont, ἡ κάτω τοπαρχία celle d’aval; mais la division de l'Arsinoïte en trois ou quatre districts a dû nécessairement compliquer la nomenclature: ce qui est le plus vraisemblable, c'est que les termes ἄνω et κάτω aient été employés, là comme ailleurs, par rapport au Nil, au moins par Libys, et que ἡ κάτω μερὶς soit, sinon le district d'aval, ce qui n'aurait pas de sens au Fayoüm, du moins le district du nord, et par conséquent celui d'Hèracleidès.
14, interl. "Ent ταῖς προυπαργούσαις ἐπιστολαῖς, cf. n. 11 ci-dessus.
1-5. Τὴν ταχίστην χτλ. La raison de cette hâte est donnée ici mème : ce bateau de fort tonnage, même sur lest, ne pourrait descendre jusqu'à Alexandrie, à cause des basses eaux. Il en suit qu'à la date du 26 Lôios- 13 Choiac de l'an 25 d'Évergète 1”, c'est-à-dire vers la fin du mois de janvier de notre calendrier, Libys avait pu parvenir à Ptolémais, mais prévoyait y