‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordre (volume 2)Chapitre 102 sur 254 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

LISETTE

I£t quels changements encore!

LA GREFFlàRE.

Je serai dès aujourd'hui femme de condition.

LISETTE

Femme de condition! cela ne me 'surprend point: vous êtes taillée pour cela, et vous en avez toutes les manières.

LA GREFPIÈRE.

Cest sans affectation, cela m*est naturel.

LI8ETTE- Ët quel heureux petit seigneui* aura le bonheur de vous faire femme de condition?

LA eBBFFlÈRE.

Le petit comte, ma chère lisette, le petit comte.

LISETTE

Qui, le petit comte? celui qui étoit amoureux de votre nièce ?

LA GREFFIERS

Dis qu'il feiçnoit de l'être pour s'approcher de moi.

LISETTE

£h ! le petit fourbe !

LA GREFFIÀRE.

S^ous avons bien conduit cela, n est-ce pa»?

■74 l'Es BOURGEOISES DE QUALITÉ.

LISETTE

Ehl qu'étoit-il besoin de conduite là-dedans? vous ne dépendez que de vous.

LA GBEFPIÈRE.

L'agrément du mystère, mon enfant, Fagrément du mystère. J'avois même dessein qu*îl m'enlevât. Ohl je crois que c'est un grand plaisir d'être enlevée. •

LISETTE

Oui , cela a son tnérite , assurément.

LA GREFFIÈRE

Nous nous serions mariés en cachette , incognito, sons sehig privé ; pour éviter lès manières bourgeoises.

LISETTE

Gela étoit noblement pensé.

LA GREPPIÈRE.

Mais le plaisir de faire enrager de près mon beau-frère ]e*procureur, qui est un fort impertinent personnage; la joie que j'aurai d'être témoin du dépit de ma sœur et de ma nièce , et de jouir, par mes propres yeux, du désespoir de toutes les femmes de ma*connoissânce, nous a fait prendre la résolution de faire ce mariage à leur barbe. Oh ! cela est bien satisfaisant , je te l'avoue.

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