‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordre (volume 2)Chapitre 114 sur 254 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

LISETTE

Quoi, madame ! vous aimes monsieur le comte, et T^us avez la dureté de Texposer à la malifpûté derinfluence?

LA GREFFIERS

Oui, pour la combattre , ma pauvre Lisette :

c'est un jeune homme quili^i résistera davantage.

Voua avez raison , il n'y a pas le mot à dire.

M. HAQUART.

Je n'aurai donc pas le bonheur de vous posséder, madame, de v(»is être quelque chose ?

M. BLAITDlIfEàD.

Vous êtes plus fou qu'elle, monsieur Naquart.

LISETTE

Voilà un bon homme qui vous aime à la rage.

LA.CREFFIÈRE.

Qu'il'est embarrassant d'avoir trop de mérite ! Mais si vous avec tant d'envie de m'appartenir, monsieur Naquart , épousez ma nièce Angélique : c'est une autre moi-même , je vous la donne^

LISETTE

Ah ! ah ! en voici bien d'un autre.

* M. nAQlfART.

Parlez-vous sérieusement, madame?

LA OREFFIÈRE.

Oui, sans doute, et vous me ferez plaisir

i88 LES BOURGEOISES DE QUALITÉ, même. La pauvre enfant ! il faut bien faire quelque chose pour elle. Je lui enlève monsieur le comte, qui étoit son amant; je l'épouse ce soir, plus par vanité que par amour, moins pour son mérite que pour sa qualité : car je ne veux qu'un nom, moi , je ne veux qu*un nom ; c'est ma grande folie.

M. BLANDINEAD.

Vous épouseriez ce jeune homme qui étoit amoureux d'Angélique?

LA OREFFIÈRE.

Oui, vous dis-je, je lui w)le son amant: monsieur Naquart est le mien, je le renvoie à elle; ce ne sera qu'une espèce de troc ; et tu lui feras entendre, Lisette, que je lui donne plus que je ne lui dérobe.

LISETTE

Vous devriez demander du retour. Je vais la chercher au plus vite , pour lui apprendre cette «bonne nouvelle : que je vais la réjouir!

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