ANGÉLIQUE, LE COMTE
AltoéLtQVE.
Momieat* \t oomte, votts me dëses]^ret.
LE COMTE
Charmante An^étiqne, je tous adore.
AH6£Ll<{tJE.
Bt TO«is croyez me le persuader, en devenant le mari de ma tante ?
LE COMTE
Mais que ▼onles-vons qne je fasse? Vous êtes •ans bien ; je n*ai'ni emploi Ui revenu ; un procès que je viens de perdre achève de me ruiner absolument; ma naissance et ma qualité me sont même à charge dans la situation où je me trouve. Me pardonnerois-je à moi-même de vous associer à mon malheur?
ANGÉLIQUE
Oui , j'aime mieux être malheureuse avec vous que de vous voir heureux avec ma tante.
IMS B013RGE01SES D£ QUALITE. 19^
LE COMTG.
Je ne le serai point du tout , je vous assure t te n'est point elle , c'est son bien que j*ëpouse , pour le partager avec vous.
ANGÉLIQUE
Je n'en veux point, monsieur ; je n*ai que faire de bien ^ je ne veux que vous.
LE COMTE
Ah ! soyez sûre de tout mon cœur^ il ne sera jamais qu'à vous; je vous chërirai, je vous aimtt» rai, je vous adorerai toute ma vie.
ANGÉLIQUE
£t VOUS ne m*ëpouserez point ? Je ne veui point de cela.
LE COMTE
Que vous êtes cruelle ! laissez-moi céder, pour un temps, à notre mauvaise fortune, afin de uoui en assurer une meilleure : nous sommes jeunes l'un et l'autre ; votre tante n'a que très peu de temps à vivre.
Et vous croyez que pour vous avoir j'aurai la patience d'attendre qu'elle meure? Non pas, »*il vous plaît; je veux que;vous m'épousiez la première: ma tante a déjà été mariée; c'est à elle 4* attendre.
194 ^^CS BOURGEOISES DE QUALIl^.
LE COKTV.
Mais que leren^-noas? que devenir? comment
wre?
ANGÉLIQUE
Nous nous aimerons, monsieur le comte , et je serai contente : cela ne vous suffira-t-îl pas, comme à moi?