ACTE I, SCÈNE I. aaS
LA MEUHIÈBE.
Oui, tout autant : yelà le trekièiiie mois; er pour ce qui est d'en cas de ces choses-là , drès que la deuxième année est une fois commencée, oki la compte finie» Qh! j'ai bien eu du re^pret au pauvre défunt.
LE BAILLI
Oui 9 je le vois bien , le temps yo«8 dure.
LA MBURIÈRE.
E3) l le moyen i|u'^ ne durit pas ? j'ai bian de la charge, au moins : deux fiUes q«i devenont grandes , une nièce cpi l'est itou , un moulin bian achalandé, biàuooup de tracas; il est béaa maU aisié de prendre garde à ça toute seule.
LE BAILLI
Vos fillei» ni votre nièce n'ont pas besoin qu'on veille sur tsur conduite : elles sont bien sages , bien élevées ; et c'est ce qui me £aisoit de plus estimer le défunt, que le soin qu'il a pris de leur «dttcatsmi.
LA ME'131XlàilE.
Le pauvre homme ^ monsieu le bailli! quand j*y souge, s'il n'étoit pas mx^rt, voyes-VoAs., |e ne serais pas dans l'embarras où je sis.
LE BAILLI
Noa^ sans doute. Mais il est facile de vous en tirer : votre nièce et vos filles sont grandes, vous
3a4 LES TROIS COUSINES.
êtes riche ; il faut leur trouver à chacune ua boa
parti qui yous en défasse.
Là MEURlèRE.
A chacune un , ce seroit trois ; ei velà bian des noces. Ne trouyeriais-vous pas plus àPpropos de n en faire qu une ?
LE BAILLI
Oui-Klà , on peut les marier le même jour; cela vous épargnera de la dépense.
LA UEUMIÈRE.
Je ne nous entendon» pas, monsieur le bailli; vous me donnez des conseils pour elles, et c'est pour moi que je vous en demande.
LE BAILLI
Comment ?
LA MECKIÈRE.
Cest moi qui sis d'avis de me marier; je crois que ça vaudra mieux,
LE BAILLI
Oui. Mais pour vous soulager des soins que vous donnent ces fiUes et cette nièce...
LA MEUNIÈRE
Eh! fi donc; les maris que je leur baillerois n auriont soin que d'elles , et sti que je prendrai aura soin d'elles et de moi : ce sera faire d'ane ptarre deux coups ; ça est bian plus commode.