ACTE I^ SCÈNE I. aa
D'accord. Mais madame la meunière...
LA HBUtriÈRE.
Tenez, monsieur le bailli, ma résolution est
prise, je n'en démordrai point, je veux me remarier, vous aveïbiau dire.
LE BAILLI
Vous ayez raison , je vous conseille de le faire.
LA MEUNIÈRE
Et si , je ne veux pas que mes filles ni ma nièce en murmuriont la moindre chose.
LE BAILLI
Vous ferez fort bien de les en empêcher.
LA MfiUIÎlèRE.
Je prétends qu'elles demeuriont filles tant qu'il me plaira.
LE BAILLI
C'est fort bien prétendre.
LA MEUfiflÈRE.
Et si elles s'avisiont tant seulement d'envisager un homme, je les dévisagerois , moi. Oh! je sis une femme d'honneur , monsieu le bailli , je n'entends point de raillerie.
Cela est fort louable. Et qu^ est le mari que vous prenez, madame la meunière?
2i€t LES TROIS COUSINES.
LÀ. MEUNIÈRE
Je ne sais pas bian encore ; ils sont trois oa quatre : conseillez-moi itou un peu là - dessus , monsieu le bailli.
LE BAILLI
Très volontiers : vous n*avez qu*à dire , voyons.
LA MEUNIÈRE
II y a dëja le concierge du châtiau , premièrement.
LE BAILLI
CTest un fort honnête homme.
LA MEUNIÈRE
Et puis monsieur Giflot, le neveu de notre curé , qu'on dit qui a de l'esprit : vous savez ce qui en est.
LE BAILLI
Oui vraiment , celui-là seroit un fort bon parti.
LA MEUNIÈRE
Il y a encore le valet de chambre de monsieu le président, qui est un bon (p'os réjoui.
Gelui'là ne vous déplaît pas. je gage?
LA MEUNIÈRE
Et puis Biaise, le garde-moulin, qui est un franc nigaud: je n*ai qu'à choisir; lequel prcndriais-vt>us, monsieu ie bailli?