‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordre (volume 2)Chapitre 141 sur 254 · ACTE 1, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE I

LE BAILLI

^ Mais , écoutez , ce yalet de ehàmbre..«

LA. MEUNIERE.

Oh! sti-là a trop bonne protection, monsieu le bailli; il me feroit enrager, et je ne serois pas la maîtresse.

vLE BAILLI.

C'est une bonne raison. Voua préférez monsieur Giflot? *

LA MEUNIÈRE

Le ciel m'en préserve ! il a trop d'esprit. On n*a que faire d'esprit dans un moulin ; le mien sufàt pour ça , je n'en veux point d'autre.

LE BAILLI

Je vois bien que le concierge...

LA MEUNIÈRE

Fi ! c'est un grand flandrin , un grand sec , maigre ; il est quasi tout comme le défunt : il me seroit avis que ce seroit la même chose, et il vau* droit presque autant n'avoir pas. été veuve que de ne pas s'apercevoir du changement.

LE BAILLI

Oui, cela est vrai; et ce sera le garde-mouUn, selon toutes les apparenceSé

LA MEUNIÈRE

Dame , acoutez, c'est un bon gros nigaud qui

me reviant assez. Voilà ce qu'il faut en ménage. Ça Ta droit en beio^tne , ça est déjà style à ma magnière, et je ferai tout ee qtte je voudrai de ce benêt-là.

LE BAILLI

Oui ; mais épouser votre (rarde-monlin ?

LA, MEVRIÈHS.

Oh ! je sis butée à ça , monsieu le bailli , je n'en aurai point d'autre. Baillez-moi votre avis là-dessus, je vous en prie.

LE BAILLI

Mon avis est que vous l'épousiefe, et tout att plus vite : vous ne sauriez jamais mieax fUre.

LA MKXTIVIÈ-IIE.

N'est-il pas vrai? Que je sis bian aise que vous agréais ma résolution I car, au bout du compte , j'ai de la confiance en vous, du respect, de la croyance; et si vous m'tviais contredite, je n'en aurois toujours rian fait qu'à ma tête, et ça eût été désa^able. En vous remarciant, monsieu le bailli, je vous prie de la noce. Je sis votre ser-' vante.

LE BAILLI

Jusqu'au revoir, madame la meiinlère.

AGTC: I, SCÈNE II. aa9

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