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a3o LES TftOlS CCXUSINES.

DE LORME

Il s*açit que dëftrot mon frère , Fe meaoier d'ici, est trépassé, comme vous savtz^ et que madame sa femme est diablement yivante , à ce qu'il me paroit : ça ne vous pàrôit-i! pas iton. coinilie ça, monsieù le bailli ?

ht tfAlLLI.

Qui , vraiment; je vontois aussi votis parler de ça. Ceât une bonne femme, fort entendu;, tuais...

bË L0A«E.

Ce n'éâf , niorgUé, pÂs( de sa bonté ni de son entendérnent qtfe je toas parle.

LE BAILLI

Ëh î de quoi donC| s'il vous plaît, monsieur de Lorme ?

Oh! palsançuenne , c'est de son allure, et au train qu'aile va, j'ai peuv qu'aile ne bronche : je ne vas de fois au moulin que je ne ti'ouve la nappe mise et du monde autoi^., de ^andes crachées de vin par ici, de& jambpns parilà, un gigot d'un côté , un cochon de lait.de l'autre , des juénétriers dans un batiau , la musette ei te hautbois sous rprm^;il est avis qnq ce aoiit de&noce^parpétiielles , et si parmi tout ça j.e ne yois' ai ouré ni tabellion. Morgue, cela nous baille martel en tête; car, voyee^vous^ j'ai de rhonnej^^ elj« «i», poar

A€TB I, SCÈNE III. 33i

Famé du défont, presque «ussi jaloux de ma Jbeile-^œur., qite j^ Taie jaio^i» élé^tm» iemme iftorgoc, p«)Qdaiit qu'alk étoil au «no#»de(.et jene l*«totis pa» TÊfAy 0QWII9 vou$ aafes.

Vous neriéties que trop, et v<hi« avie^qiMiquf- ^ois das «mportamentâ..,

DE LQBilE.

Qk ! parçnë , j« ne Yû ro»së<9 qu'upe iioU , mais je la rosâis bian , et dans le fond j'avoifi tort ; a« ipoins , nallc? pas croire qve j'avoi» raiso».

JLE BAILLI.

Non, non, je ne suis point porté à croire le «lai. ^

DE LORME

Je ne sais, mor^^, vCAnmient ça se fit. Je de-

Tois aller ce jour-là à tras limes d'ici po4ir une

coupe de bois que j'y aTois à vendre; je renciOïkr

tiis le marchand en sortant du village^ il me rar

menit an Orand-Cerf ; j'y tombiinss id'aceôiE^ , jie

bûmes le vin du marché , copiousemeai pour ça :

je ne nous^^pûttines qui miouit. Je retaijkrnis chez

mai ;«n nem' jattendoit pas ; je trouiusma£eiii«i£

dans le lit z «t Toyesun peu qoeu peste de vision,

monsieu le bailli,la oaro^aeine paroissit double.

^S BAII.1LI.

Voilà une vilaine vision , monsieur de Lorme^.

33a LES TROIS COUSINES.

DB LORHE.

Je Yoas laisse à penser qneu Tacanne ; j'étoîs pis qîi'ttn enragé : mais le lendemain je. me rapaîsis , je compris facilement <pie c'est qne j'étois ivre, et que c*ëtoit ma fante. Enfin, bref, tant y a, Mai^ot me pardonnit ma barlae, on nous raccommodit. Et voyez, monsieu le bailli, qnea bénédiction ! avant ça , je ne poiiviémes avoîr d'enfants, et de ce raccommodement^là il est venu cette petite fille , qui est votre fiUole , et qui a mor^é plus d'esprit qu'aile n'est grosse. Oh ! je ne sais pas de qui aile tiant, je vous Tavoue.

LE B&ILLI

Vous aimez bien cet enfant-là, monsieur de Lorme ?

nS LORME.

Si je l'aime ! C'est une petite mièvreté agriabie; aile a de petites magnières sémillantes , une maleigneté drôle ; aile fait pièce à qui aile peut, aile ne pense bian de parsonne ; aile dit du mal de tout le monde , et si tout le monde l'aime. Oh ! c'est une jolie créature. La voici, je pense: je lui ai donné charge d'observer sa tante la meunière; aile viant m'en dire queuque nouvelle.

LE BAILLI

Je vous en apprendrai de plus sûres que per* sonne.

ACTP I, SCfeNK ni. 2S3

HE LOllMB.

tton, «ant mieux. Mms ¥c«<itons un tfiotinet ce. que Colette aura k ne <iii*e.

' . SCÉICE IV.

DE LOJ^MË, LE BAlluhl^ COLETTE.

•DE LORME

Eh bian! mon enfant, «u via«^ "évi moulin ?

•Qu'est-^e «pi*il y a^f iiou^aii ? q«e feSt ta tante?

CebETTE.

La voilà qui vient -cl'amver; et tout en arrivant '«11« «st #<a4i«irf| 'aM^ trouver Biaise , le ^rde— MiMMilip ,«t «Mé s'^at laruBe à babiller avee lul.Oli! >«*<est une ^raa<ie«a«seH9« qtf^ cette femme •> là. « Bonjour , iBon parrain.

LE BâlLLf.

Bi»)vfn4r,Oo)eMe,l)onjo«vr. ' • ' N^sHtu^oiuft ntpvité ce qti'oHë di^o^t? -

Oh! que si fait, vraiment; mais comme elle «st défiante , on ne la-99urôit <^couter que de loin ; on n'entend qu*nne partie ^e ce qu'elle dit, ^ faut deviner le reste.

DE LORMK.

OlH par(;uenne,k)ta4; l'es 'une plaisante devi- M^se 1 Mousieu le baîlK ?

au.

LE BAILLI

< Je ne la crois pas ioti habile^ franchemeift.

COLETTE

Hom ! je la suis assez pour devioer Coat ce que vous disiez hier à notre voisine la belle cabaretière, qui ëtoit avec vous sur sa porte.

LE BAILLI

Gomment i petite fille. ..

{CoUUe contrefait ^fmr sesgtêtesy ceux du bailii et ceux de la veisine, )

-COLE.TTE

Vous faisiez comme ça, mon parrain : vous la refi^ardiez ayec de certains yeux, vous lui preniez la main, et dans ce. temps-là, c'est que vous lui disiez que vous ëtiez amoureux d elle, et elle vous repoussoit ; elle secouoit cpmme ça la tête, c'est qu'elle répond oit qu'elle n'en ^royoilt rien. Et vous, tout aussitôt de faire oomme ça : vous lui juriez que ça étoit vrai; et j'entendis un peu le dernier mot; il y avoit, je crois, qu'elle étoit adorable. - i •

nE LOjmE. •

Oh 1 oh ! monsieu le bailli.

LE BAILLI

Ah! ah!

COLET.TE

Cela est bien vrai, je vous en réponds; et la

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