ACTE I, SCÈNE M
LK BAILLI
Je le sais bien.
Aile vouloit que je fiâsions aujourd'hui des 'accorvlailles ; et comme j« ne veux point d'épousailles, moi, il m'est aris cpie ces accnrdailUs<ià serioient soparfluea.
DE LOBME.
£h ! oui , voirement.
BLAise.
Je Tamusons tous trois du mieux (pie j« pouvons, a^ec des ménétriers, parfois, de petites <:liansonnette« par ici, de petits régalements par ilà : quand je la trouvons trop bonne , je li faisons querelle; je devenons bons quand aile fait la meiîie, et drès qu aile se radoucit , je li char- «bons noise. Aile nous r aime comme ea tour à tour, et tour à tour je £aiisons semblant de la r aimer; mais je ne voulons jamais rian «ondure.
Mais à quoi bon ces semb|ants-là?
«LAI SE
A quoi bon, monsieu le-bailii? morgue, les «embiants ne sont qne pour aile ; mais il y a du tout de bon pour les filles.
D)S LOBME.
i^omment, du tout de bon?
a4C LES TROIS COUSINES.
BLAI8E.
Oui: monsieu Giflot eo aime Tune; inonsieu (le Lépeine est amoureux de Tautre, et c'est moi qui, eiivars ailes, manigance tout ça pour eux, sans que leur mère s*en doute, à condition qu'à la pareille ils maniganceront pour moi enyars Colette, sans que monsieu deLormes*en aperçoive. Oh ! j'avons morgue bian pris nos mesures.
DE LORME
Oh! oh! parguenne, velà qui est admirable, monsieu le bailli !
Vous serez morgue les dupes de ça, car j*y avons regarde.
DE LORME
C'est oe qu il faudra voir.
Je sis le boudeux aujourd'hui , moi , à cause qu'aile youloit des accordailles. Monsieu de Lépeine est le régaleux, et monsieu Giflot fera le jaloux. Dame , yoyez-vous, je nous divartissons comme des petits rois. Les jeunes filles, quiavont le mot et qui savont que ça se fait pour Tamonr d'ailes , prenont leur part du divartissement. La meunière, qui ne sait fiau de rian, se divarlit ituu comme les autres , et par ainsi je sommes tretous en joie.