SCÈNE I. 33i
M. DUBUI8SON.
Il y À eneot-e autre chose. Ce fils de monsieur Orgon deroit élre rendu a Paris il y a trois semaines ^ pour terminer Taffaire. Son père lai avoit écrit d'y venir pôîir cela, et Ton n'en a ni vent ni nouvelle. Cela me fait comprendre que c'est un jetine hoiAme qui craint de prendre un en{»agemebt. Il a de la r«pn{^nance pour le maria{i^e , et céta m*en a fait prendre pour lut donner ma fille. Enfin , Ma femme,' voulez-vous que je vous dise? si je me hâte de la marier à ce monsieur Caton, qui ne me plaît gttère,' c'est que je suis prévenu que l'autre më plairoit encore moins, et que je me veux melAre hors d'état d'être persécvt^ par monsieur Or[^on, qui, comme on me l'a dit , ne- aonçe à marier son fils t^ue pour lé tirer du libef tinëgp , et je ne veux poitot que ce soit mf fille qui ait cette peine-là.
MW DUBVISSOIV.
Mais sai^e^voci» bien que votre fiHe hait a la mort ce monsieur Gaton que vous voulez qu'elle épouse ? . ■
M'. nUBUISSOIf.
Ma fille n'a pas tort, c'est un vilain homme; mais il est fort riche , et en ohemin de le devenir davanta|^ cela f^n'aune bonne maison : c'est un homme qui ne dépenseroitpas une pistole mal à propos.
nme DOBUISSOK.
Tenez, mon fils, c est un Yilain, un ladre, un vieux coquin, qui a y^^cu ioâqu*icûd*ane manière fort serrée, et <]ui, faute d'expérience, se répandra au premier jour en des dépenses excessives pour la première ^enon qui lui doiinera dans la vue. Je ne dis pas que ma fille ne mérite bien les petites galanteries qu'il fait pour elle ; mais , s'il étoit si raisonnable que vous le dites, il s^abs tiendroit de ces bagatelies^Jà » nous sontmes ici à notre maison de campa^e,
. M, DCBUISSOn.
Je suis venu pour éviter le fracas et la cohue , et pour faire la noce à moins de frais.
M»« DUBtlISSON.
Et de quoi s'avise donc votre monsieur Gaton, que vous trouvez si économe , de régaler tons les jours tout le village ? .
M. DOBUISSOK.
Ge n'est pas lui qui fait ces sottise»-là.
M'A* DUBUISSON
De faire tirer des fusées , des feux d'artifice?
M. DCBDISSON.
Vous n'y êtes pas.
M>ne DUBUISSOn.
De donner des violons et de la musique danst
vSCÈNE I. 333
les avenues de notre bois? L'impertinent! le sot ! A ^[i|oi cela est-il bon?
M. ntrouissoN.
Cela fit vient pas de lui , vous dis-je : il y a quelque chose là^dessous que je soupçonne, et j'ai mis des gens en campagne pour le découvrir.
M«»»« DUBCISSOîf.
Bon ! bou ! quelque chose là-dessous : que poui^ roir-ce être?
M. nOBTTiSSON.
Le Ereveu de Lucas in*en rendra bon compte :
d'eaft un coqoin qui n'est pas mal entendu.
M«* DUBtTISSON.
Quand s'en va-t-il, cet animal-là? Il y a déjà dix ou douze jours qu'il est ici à pot et à rôt dans la m.^i9on.
M. THJBtriSSOIf.
ÇTest le neveu de votre jardinier, un sergent de milice, qui vient voir son onc4e en allant à la garnison.
M"» nUBUlSSOK.
Je n'ai que faire de cela ; je n'aime point si longues viâtte^ quand elles se font à mes dépens. Hom! votre jardinier vous en fait bien passer, monsieur Dubuisson.
H. DUBUISSON
A moi?
M»« DtJBUISSOV.
A vous-même. Je voudrois bien savoir de quoi ce maroufle s'avise de prendre encore un garçon jardinier de surcroît, quand il y en a deux ici.
M. DUBUISSON
Ce sont ses affaires.
M™« DUBUISJSON.
Ce sont les vôtres, et tout cela vit aux dépens du maître. Tenez , monsieur Dubuisson, vous êtes trop bon, trop facile, et cela mé^end malade. Outre la faÛQue du voyage et le mouvement de ce vilain carrosse de voiture , dont je ne saurois me remettre, j'ai une migraine si horrible, un si grand mal de tête...
M. DUBUISSON
Allez, ma femme , allez .vous mettre sur votre lit, et ne vous inquiétez de rien; laissez -moi faire. Voilà justement le neveu du jardinier avec qui je suis bien aise d'avoir quelque petite conférence.
Mne DUBUISSON.
Je vous laisse, monsieur Dubuisson. Mais, si vpus m'aimez, ne vous hâtez poiut de conclure ce mariage.
feCElSE 11.
M. DrBri680K, LA MOXTAt;Xl .
M. «rBX'isfin'?».
E3i bieu! qn'a^-tn appris ** Sa»? - tu <|tu')qtw AoÊit? 'se'-nn qasAqae écbnrcktseimnt?
"«raiiuBiit-. oni^ numsteirr. v<»ikî nvw soup-
cpB BKNK fait cmu^HST « mi^ <»t ^>i imuTv
ELittCB?
anumreox de ■ id l ^mm aeUe x^on^ lift*,, ^i t'Mi toates ces gaUDic!rieâ4à ^ 4i$«mm^wi«%%%.
Cela ne neot dooc pas d« MH>n«M«ir 0«h>n ^
Comment , de monsieur Ojitnn f «"« X'ilAiitl mt(>tlsieur qui est ici depuis qu«l«fue« jontitî^ l^st -t^ que... Mais, par ma foi... Attcm)e«^ \x\Vin m^ flottes rêver à une chose... Oiii^ justemi^ht... M AU cet animal-là auroit-il Tesprit... Oui-iU , nuirl^. Quelque vilain qu'on* soit, Tattiour duittii» ili«
336 LE GALANT JAADINIEB. ç ;
manières quelquefois. Aliez, moDsieùr, je ril'sat^c < rappelle des choses,.. Il faut <|oe ce soit lui, s# v.se c i ma parole. «
M. DTTBCISSON. "^ûl
Mais sur quoi foudes-tu tes conjectures? i
LA MONTAGIÎS. tU<^ni
Sur quoi ? Il est fort riche , oMtosieur Gaton. '^^^ 3tm\ Oh 1 beaucoup.
LA StOVtAGlTE. ^qI
£t pa$6ablei»eiit fat , à ce^a'ii ne paroît.
M. DUBUISSOK. . ù^u
Oh ! pour cela... C'est ique... Wi
LA MONTAGNE. '^^i. (
Cest lui , monsieur. U ny a qi|*un homme riche ^ler;
et sot qui puisse faire ces 4ëpci>se64à. '^
M. ouévifisoir.
Mais qu'asHu appris daas le iviUage ? ^-'^^
LA MOMTAOME.
Dans le village , monsieur? Je ne m'en suis pas l'
tenu là : j'ai été jusqu'à Paris pour être mieux informe. I
H. oi7BvriftS4>ir:-
Jusqu à Paris? ■
' LA MONTAON'S.
Oui, vraiment. Il n'y a qu'uhe bonne lieue d'ici ; et il y envoie , ini^deux ou tfois fois par jour. Il a
»t autre chose qu'aller et vemr.
M. DUBCISSOW.
L'extravagant!
VK MOSTAOWR.
Tai fait connoissance avec ces mo«.ie«r« - 1;^ «ns faire seu^blant de rien. lU sont parti. , je le
à suivis-
M. ntIBUISSO».
Ëh bien? eh bien?
LA. MONTAOKK.
Eh bien ! monrieur , pou. ,o«m,e, arriva» : l »«
chtds d'étoffes, l'autre «hex des mnrchand.
orme«,s„He quai des Morfondu,; cel«.-c.
chez Crépi, celui-là chez Lamorl.ère.