SCÈNE I
GLITANDRE, LÉPINfi«
LjèpmB.
Ma foi, monsieur, c'est nne sô'tte éholé <^9 l'ainoar; conveoes-én de bonne foi. Tant que vous n'avez êié que libertin, voué àtéis Vëctt le plus heureux hotodie du monde : pourquoi diàtttre changer des manièi^s dont tous vous étëS Ai bien trouvée
CLITANDRÊ.
Que veux-tu que je fasse, fnon pauvre L^pille^ U ne dépend pas de moi de résister aux cbafâieft de l'aimable Colette; et son mérite et sa beauté me paroissent dignes d'une. fortune bieh plus considérable que celle que je ptiis lui faire.
LÊPitlE.
Gomment diable ! voilà une passion bien sérieuse, au moins; et pour la petite nièce d^une meunière encore! Cette aventiire-là fera au bruit, monsieur; et ce sera un dek beaux chapitres du roman de votre vie.
^6 - . LE MARI FETR,OUVÉ,
€f*Il'ANDRE.
Cen sera la conclusion, mon enfant ; et je borne tons mes deftirs ,lodte ma fiélicit^, au seul plaisir de me faire aimer d*une si charmante personne.
' LÉPINE
Eh! fi donc, monsieur : c'est bien à moi qu'il faut dire cela !
GLITANDRE.
fe te dis vrai.
lépiue.
Quoi! vous, qui avez passé de si doux moments dans les plus agréables compa(jnies de la pro> vioce, vous qui êtes la coqueluche de tout le Gatinois , et les délices de toutes les coquettes de Montargis, vous allez vous borner ici, et vous amuser à filer le parfait amour dans un moulin ? yous vous moquez, je pense.
CLITANDBE.
Je ne me moque point; je m'abandonne à ma destinée. Je n'ai jamais rien vu de plus aimable que Colette, et jamais je n aimerai qu'elle.
LÉPINE
C'est-à-dire que vous voilà déterminé à ne vpus point marier; car apparemment vous ne voulez pas faire de la petite meunière autre chose qu'une ni^aîtresse ?
ftCÊeiE t. 77
Pourquoi non ? Est-ce U naissâiwe l|ttid»il dé* terminer au choix d^vûat ftÉtitae ? Cest le mérite et là VtArhl qfd font dèè maft^lfès ; M je trovve dans la personne de Colette tout ce qn'3 fxài pèat- hm rendre heureux.
Puisque vous êtes dàtis feé gont-4à, monsieur, j*«tt &tiiâ i^Vi , j« tous as^re ^ je toui en lélkHIé , et J« pOUitâi bieki àvoif lIlOBilèW d« dèf^Hf»
6Llf AfcDtlfe.
Gommeiit, inoli ofa«dfe?
tiftiHÈ.
OtAytubmitràr : Màdflâie Julifeilliè-, \A ttéUâière, e^t, cofcûdtaè Vou^ sâtét, la tànté de tdti« ehat^ niâlllé Gdèttë.
Eh bien?
Eh bien , monsieur, je tfàMë dans Iâ|iefsoiin« de la tante tout ce qaé ^U8 ti^ouvez dans celle de \é niècé ; et fedinillè je Ae ih'dppose point à votre satisfaction, vous ne voitdlrèt pas tiiettrC} obstacle à ma petite fortune pt^t-étte ?
ctitA^niiE.
Quelles visions ta ie meta dâits !à téfe! Toi«
«pouser madame Julienne? il faut auparavant
qu'elle. devienne veuve.
LÉPIKE.
Qh \ p,lle Test , monsieur ; le meunier est défunt, sur ma parole.
CLITàNDRE.
Tu ne' sais ce que tu dis, cela n*est point.
LÉPIKE.
Que diantre seroit-il donc devenu? On Ta assom-» mé quelque part, surina pirole ; tout le monde le croit , du moins ; et il faut que madame Julienne en soit bien sûre , elle , car depuis quelques jours «lie est d'un contentement, d'une gaieté...
CLITAHDRE.
Je Iqi pardonneroisde ne le pas regretter: un fou,' un in^bécile , qui , sans la résistance de sa femme, auroit rendu sa pauvre petite nièce malheureuse!
LÉPINE
Il prétendoit la marier à monsieur le bailli ; et ce monsieur le bailli n'a pas encore renoncé tout* à-fait à ses prétentions..
CLITANDRE
U peut se flatter tant qu'il lui plaira ; mais la tante est dans mes intéi^ts.
LÉPIKE. , »
Vos affaires sont en bonne main ; c'est une maî« f resse femme. La voici , monsieur,
SCÉSE IL
JULIENNE, CLITASDRE, CeriSE.
JrLiCXXE.
Votre senraote, monsîear CJifamhe. Ek lécs' cju est-ce? Êtes-vons toijoiirs bien amoarteaiz 4e ma nièce? Tamaineroiis-je cette affaire-la? Il ne faut point tant bai^gnigner; je ferons le contrat quand vous voudrez. A qpiaod la noce? Que j'y danserai de bon cœqr ! Je ne me sois jamais sentie si fort en joie.
LÉPIir E.
Qh ! le bon-homme Julien est triasse, il n*j a pas de milieu.
CLIT4If DBE.
Que je suis ravi, o^ chère madame Julienqe, de vous trouver dans ces sentiments ! Si ceux de votre charmante nièce m'étoient aussi favorables...
JULIENNE
Seriez-vous encore à vous en apercevoir ? et depuis un mois que son bourru d'oncle a quitté le moulin, navez-vous pas eu tout le temps et tou^e I4 commodité de lui conter vos raisons, «t de savoir ce qu'elle a dans Tame?
6o LE MâHI RtetbOÙVÉ.
CLITAKDBE.
Je crois lire dans ses ytuJL et dans ses sia" nières qu'elle n'est pas insensible à ma tendresse ; mais j'ai beëu la presser de consefithr A i'tiliidn que vous Yoolez faire , l'éloignement de vptre mari , le dessein qu'il àtôit d& lui faire épouser ce mâtlieUrensc bailli, la craittté où èïië est <pï^k son retour il ne fasse ^(ilater àoti f essebtitftéût contre vous...
De quoi se mélé-t-elk ? sont-cé là sfes àf&ik'èd? Jeirettxle fâcher, mo\\ je vétti qu'il ta< <(aéfelle, en cas qn'il revienne, da ; car...
LÉPiNË.
Ohl madatiié Julienne sait hiétt ce qu'elle fait, monsieur.
lOLlËNNti.
Oh! peut cela , oui: j'ai#bUJoa^s trôultt ét^ la inaîtresse. Quand Juhati me fâisdit fâmbilr, il m'a tant dit qu'il étoit mon serviteuf*, qbé je û*en ai jamais voulu démordre. Du depuis qûé Je sommes mariés , il a VOùlil faire le maître : oh , dame! je noû$ sommes trouvés detil; Je Aous sommes querellés, je tioud sôUiiuei battus : âuââi^ çâ fait que je ne uous ditiions guète. Âla pàrfib , je lini fâxtdésaner la luaisou, et de eette fiia-