‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordre (volume 2)Chapitre 91 sur 254 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MADAME BLANDINEAU, M. BLANDINEAU,

LISETTE

M™^ BLANDINEAU.

A quoi VOUS amusez-vous donc, mademoiselle Lisette? il y a une heure que je vous fais chercher. Allons, vite, mes coiffes et mon écharpe.

LISETTE

Laquelle, madame? Celle à réseau ou celle à frange ?

M"»*» BLANDINEAU.

Non ; celle de gaze, ou celle de dentelle, mademoiselle Lisette; les autres sont des housses, des caparaçons, quon ne sauroit porter. Ah ! vous voilà, monsieur Blandineau; je suis bien aise 40 vous trouver ici : donnez-moi de l'argent, je n'en ai plus.

M. BLANDINEAU. -

De l'argent, madame ? Vous aviez hier vingt- •inq louis d'or.

i54 LES BOURGEOISES DE QUALITÉ.

H*»" BLANDINCAU.

Cela est vrai, monsieur. Taijoaé, j'ai perda, j*ai payé, je n ai plus rien ; je vais rejouer, il tneu faut d'autre en cas que je perde.

M. BLABDINEAU.

Mais, ma femme...

M>A« BLANDIHEAD.

Eh ! fi donc , monsieur Blandineau : que de façons , au lieu de me remercier d'en prendre du

vôtre.

M. BLANDINEAU.

Vous remercier?

M*ne BtANDINEAU.

Oui , vraiment : c'est un bien mal acquis , qui -ne fait point de profit ; je perds tout ce que je joue.

M. BLANDINEAU.

Eh! pourquoi jouer, madame Blandineau ?

Miae BLANDINEAU.

Pourquoi jouer, monsieur? pourquoi jouer? Je vous trouve admirable. Que voulez- vous donc qu'on fasse de mieux, et à la campagne surtout? J'ai la complaisance de venir avec vous dans une chaumière bourgeoise avec votre ennuyeuse famille : il se trouve par hasard dans le village des femmes d'esprit, des personnes du monde, des jeunes gens polis; il se forme une

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