ACTE I, SCÈNE V. i
agréable société de plaisir et de bonne chère ; c*e8t le jeu qni est Tame de toutes ces parties-, et je ne jouerai pas? Non, monsieur, ne comptez point là-dessus , e^ donnez-moi de l'argent , s'il vous plaît, ou j'en emprunterai, mais ce sera sur , votre compte.
M. BLAMDlNEâU.
Oh bien ! madame , voilà encore dix louis d'or ; mais, si vous les perdez...
Mme BLANDINEAU.
Si je ne les perds pas, je les dépenserai; jxe vous mettez pas en peine. A propos, c'est aujourd'hui la fête du village ;nous sommes les plus considérables, on soupe ici ce soir: je crois que vous en êtes bien et dûment averti ?
M. BLARDINEAU.
Quoi ! votr« dessein ridicule continue , et malgré tout ce que je vous en ai dit?
M™» BLANDÏNEAU.
Ce sont vos discours, monsieur, vos remontrances, qui ont achevé de me déterminer.
M. BLANniNEAtJ.
Madame Blandineau 1 vous me pousserez à des extrémités...
Mme BLAWDIKEAU.
Monsieur Blandineau, vous me ferez faire des ehoses...
t56 LES BOURGEOISES DE QtJAUTÉ.
M. BLANDINEAU.
Je VOUS défie, madame Blandineaa^ de faire pis que vous faites.
M"« BLANDINEAU.
Comment donc , monsieur ! suis-je une libertine , une coquette ?
M. BLANDINEAU.
Vous êtes pis que tout cela , madame ma femme. Quelle extravagance de rassembler huit ou dix femmes plus ridicules l'une que l'autre, qui ne sont assurément pas dé vos amies, pour leur donner à souper, leur faire man^jer vôtre bien !
M»»* BLANDINEAU.
Que vous avez Tame crasse , monsieur BlaAdineau ! que vous avez l'ame crasse, et que vous savez peu vous faire valoir! J*aime à paroitre, moi ; c'est là ma foKe.
M. BLANDINEAU.
£t vous devriez vous cacher d'être aussi peu raisonnable...
M«« BLANDINEAU.
Vous voyez, monsieur, comme vous vous ré-
voltez contre le souper. Oh bien ! nous aurons les violons, de la musique, un petit concert, le bal, et une espèce d'opéra même , si vous continuez à me contredire.