SCÈNE VIII
BETTI, BELTON, MOWBRAI.
MOWBRAI.
. Te voilà!
Je te cherchois. J'apporte une heureuse nouvelle. J'ai pour toi la promesse et l'aveu d'àTa\)«\\ft»
Le contrat est tout prêt.
BELTdN.
Une telle faveur...
Autant ^*il est en vous... peut faire mon bonheur.
BETTi, à Mçwbrai, avec ingénuité.
Bien obligé...
MOWBRAI.
Betti, tu serviras ma fille , Et je te veux toujours garder dans ma famille.
BETTl.
Oh! pour moi je ne veux servir que mon ami.
MOWBRAI, à Belton.
Combien tu dois l'aimer ! je n^ sens attendri. En formant ces doux nœuds , l'amitié paternelle Croit assurer aussi le bonheur d'Ârabelle ; Et par l'égalité cet hymen assorti A ma fille...
BETTI.
Belton , que parle-t-il ici De sa fille, et qu'importe?...
MOWBRAI, à Belton.
* . Eh ! daigne lui répondre.
BELTON, à part. Dieu ! quel affreux moment ! que je me sens confondre !
MOWBRAI.
Son amitié mérite un meilleur traitement; Et tu dois avec elle en user autrement.
Eh ! quand elle sauroit qu'un prochain hyménée De ma fille à ton sort joindra la destinée , JS/Je prend part -aBSti...
SCÈ^E VIII. 37
BITTI.
Bon vieillard , qae dis-Ca?
uoY/tR Al , à BelUm.
Mais d*oik vient donc eet air in^et , éperdu?
{àBetti.) Dès aujourd'hui ma fille. . .
BELTON, à part.
Il va lui percer l'ame.
BfOWBRAI.
Par des nœuds étemels va devenir sa femme.
BETTi» à BeUon.
Sa femme ! votre fille?... Est^l bien vrai, cruel? Aurois-tu bien formé ce projet criminel?
Quoi ! tu ponrroBS trahir Tamante la plus tendre? O malheur! ô forfait que je ne puis comprendre!... Mais je ne te crains plus : tu m'as dit mille fois Quici contre le crime on a recours aux lois; J'ose les implorer : tu m'y forces, perfide.
Respectable vieillard, sois mon juge et mon guide ; Que ta voix avec moi les implore aujourd'hui.
MOWBRAI.
{à part.) {àBetti.^'^
Qu'allois-je faire? O ciel!... Je serai ton appui. Mais, mon enfant , ces lois que ton amour réclame. En vain...
BETTI.
Quoi! par vos lois il peut trahir ma flamme?
Il pourroit oublier... Dieu! quels affireux climats! Dans quels pays , ô- ciel , as-tu oondint mes pas? Arrache-moi des lieux ^ témcmiA de motimYais^ ^
Qui d un amaut chéri font un amant parjure;
Exécrable séjour, asile du malheur.
Où l'on a des besoins autres que ceux du cœur.
Où les bienfoits trahis, où l'amour qu'on outrage...
De la fidélité quel est ici le gage?...
Quel appui...
MOWBaAI.
Des témoins, sûrs garants de rhonnenr...
B ET Ti, vivement, \- Oh! j en ai...
MOWBRAI.
Quels sont-ils?
BETTl.
Moi , le ciel, et son coeor.
MOWBRAI.
si par une promesse auguste et solennelle...
Il m'a promis cent fois l'amonr le plus fidèle.
MOWBIMI.
Â-t-il par un écrit?... ^
BETTI.
> O ciel ! qu'ai-je entendu?
Quoi ! tu peux demander un écrit? Toses-tu?
Un écrit! oui, j'en ai... Les horreurs du naufrage, . Mes soins dans un climat que tu nommas sauvage. Les dangers que pour toi j'ai mille fois courus; Voilà mes titres. Viens, puisqu'ils sont méconnus. Dans le fond des forêts , barbare ; viens les lire. Par-tout à chaque pas l'amour sut les écrire , Au sommet des rochers, dans nos antres déserts.