‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordreChapitre 19 sur 230 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Snr le bord du rivage et sur le sein des mers. Il me doit tout. C'est peu d'avoir sauvé ta vie , Qu'un tigre ou que la faim t'aurait cent fois ravie ; Mes tnrraoz , mes périls t'oat sauvé chaque jour. Entre mon père et lui partageant mon amour.. . Mon père !... Ah ! je l'entends , à son heure dernière , Au moment ou nos mains lui fermoient la paupière , Nous dire.: Mes enfants, aimez-vous à jamais. Je t'entend^ybi répondre: Oui, je te le promets.

( se Umnùim ve>fs le quakre,) Tu t'attendris...

BBLTON,à/Mirt.

O ciel ! quel homme impitoyable Pourrait...

MOWBRAl.

De la trahir serois-tu bien capable? .

BETTi, à Belton.

Que ne me laissois-tu dans le fond des forêts. J'y pourroia sans témoins gémir de tes forfaits. Dans Biion obscur rédoit , dans ma grotte. profonde , Savois^e s'il étoit des malheureux au monde?

Ah ! conoiûen je le soas , quand tu ne m'aûnes plus ! Eh bien! puisqù'à jamais nos liens sont loiipus... Tire-moi de ces lieux. Qu'an moins dans ma misère Mes pleurs paissent couler snr le tombeau d'un père^ Toi , cruel , vis ici parmi des malheureux; Ils te ressemblent tous, s'ils te souflknt chez eux.

B ELTON , se loumani tewirement, Betti!...

3o LA JEUNE INDIENNE.

BETTI.

Tu m'as donné ce nom que je déteste , Ce nom qui me rappelle un souvenir funeste :

Ce nom qui fait, hélas, mon malheur aujourd'hui ! Jadis il me fut cher; il me Tenoit de lui.

A ce nom , qu'il aimoit, autrefois sa tendresse Daignoit joindre le sien, les prononçoit sans cesse, 9e faisoit un bonheur de les unir tous deux.

Prononcés par ma bouche, ils ralludioiint ses feux : Son affreux changement pour jamais les sépare.

MOWBRAI.

{à part.) (àBelton.)

Mon cœur est oppressé!... Quoi, tu pourrois, barbare.

BELTON.

Je le suis en effet pour avoir résisté

A cet amour si tendre et trop peu mérité.

{àBetti.) Ah ! crois-en les serments de mon ame attendrie ! L'indigence et les maux où j'exposois ta vie Seuls à t'abandonner pouvoient forcer mon cœur; Même en te trahissant , je voulois ton bonheur. Dût cent fois dans tes bras la misère et l'outrage M'accabler, m'écraser, je bénis mon partage!

Je brave ces besoins qui pouvoient m'alarmer; Je n'en connois plus qu'un , c est celui de t'aimer. Je te perdois! ô ciel ! que j'allois être à plaindre !

{Il se jette à ses pieds.) Voudras-tu pardonner. . .

BETTI.

Ah ! tu n'as rien à craindre ,

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