‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordreChapitre 209 sur 230 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

LA MARQUISE

Un peu ?

M. DÉTIEULETTE.

Oui, qu'elle avoit une maladie... d^esprit... des absences... jusqu'à ne pas se ressouvenir des choses les plus simples, jusqu'à oublier son nom.

LA MARQUISE

Pure calomnie. ( Gotte y pendant ce couplet, rit y et enfin éclate, La marquise se retourne et dit à Gotte : ) Qu'est-ce que c'est donc ?

GOTTE

Madame , j'ai un mal de dents affreux.

LA MARQUISE

Allez plus loin , nous n'avons pas besoin de ▼08 gémissements. ( h M, DÙieulette, ) Enfin , que vous disoit monsieur de Glainville sur le chapitre des femmes ?

Ce qu'il disoit ëtoit fort simple , et avoit l'air assez réfléchi. J^es femmes, disoit monsieur de Glainville... Vous m'y forcez, madame, je n oserois jamais...

LA MARQUISE

Dites , monsieur.

M. DÉTIEULETTE.

Les femmes^ ditoit-il , n ont d'empire que sur les âmes foiblet } lew ^tud«cvc^« Ti«t^ «^^ ^^N»^

Hnesse ; leur raison n est souvent qae du raisQiH nement : habiles à saisir la superficie , le jugement en elles est sans profondeur ; aussi n'ontelles que le san^r-froid de Tinstant , la présence d'esprit de la minute, et cet esprit est souyent peu de chose ; il éblouit sous le coloris des grâces, il passe avec elles ; il s'évapore avec leur jeunesse, il se dissipe avec leur beauté. Elles aiment mieux... Madame, c'est monsieur de ClainYille qui parle ; ce n'est pas moi : je suis si loin de penser...

LA MARQUISE

Continuez 9 monsieur : elles aiment mieux?...

M. DÉTIEULETTE.

Elles aiment mieux réussir par l'intrigue -qoe par la droiture et par la simplicité : secrètes sur un seul article, mystérieuses sur quelques autres, dissimulées sur tous, elles ne 'sont presque jamais agitées que de deux passions, qui même n'en font qu'une , l'amour d'un sexe , et la haine de l'autre. Défendezi-vous (ajout oit-il}... Mais, madame, je...

Achevez, monsieur, achevez.

M. DÉTIEULETTE.

Dcfendez-vous^ ajoutoit-il^ de leur premier coup d*œil : ne croies, ymuto Va» ^Y^\ui«re

Page 1