ROXELANE, OSMAN
OSMAN
Oui, madame, eo secret le sultan vient d'entendre Le récit des succès <}ue je dois vous apprendre ; Les Hong^is sont vaincus , et Témesvar surpris. Garant de ma victttve, en est encor le prix.
Biais tout prêt d'obtenir une gloire nouvelle , Dam Byiance aujourd'hui quel ordre me rappelle?
ROXELANE
Bh quoi! vous l'ignorez?... Oui, c'est moi seule, Osman ,
Dont les soins ont hâté Tordre de Soliman.
Visir, notre ennemi se livre à ma vengeance.
Le prince, dès ce jour, va parottre à Byzance ;
Il revient : cp mcMnent doit décider enfin
Et da soit de l'empire et de iMtre d^fiftVVcv.
Oq saara si4oujours puissante, fortunée, Rozelaue, vingt ans d'homiears environnée.
Qui vit du monde entier l'arbitre à ses genoux , Tremblera sous les lois du fils de son époux; Ou si de Zéangir l'heureuse et tendre mère , Dans le sein des grandeurs achevant sa carrière. Dictant les volontés d'un fils respectueux.
De l'univers encore attachera les yeux.
OSMAN
Que u'ai-je, en abattant une tête ennemie, Assuré d*un seul coup vos grandeurs et ma vie ! J'osois vous en flatter : le sultan soupçonneux M'ordonnoit de saisir un fils victorieux Dans son gouvernement, au sein de l'Amasie.
Je pars sur cet espoir : j'arrive dans l'Asie; J'y vois notre ennemi des peuples révéré.
Chéri de ses soldats , par^tout idolâtré.
Ma présence efFi'ayoit leur tendresse alarmée. Et si le moindre indice eût instruit son armée De l'ordre et du dessein qui conduisoit mes pas. Je périssois, madame , et ne vous servois pas.
ROXELANE
Soyez tranquille, Osman, vous m'avez bien servie: Puisqu'on l'aime à ce point, qu'il tremble pour sa vie. Je sais que Soliman n'a point , dans ses rigueurs. De ses cruels aïeux déployé les fureurs; Que souvent, près de lui, la terre avec surprise Sur le trône ottoman vit la clémence assise : Mais, s'il est moins féroce , il est plus soupçonneux, Plu8 despote, plus fier, non m.ovns letti&A« (^«laoL.