‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordreChapitre 76 sur 230 · ACTE 111, SCÈNE 1. m · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE 1. m

SOLIMAN

Ce qu'a fait Soliman, Soliman dut le faire.

Celui qni fat bon fils -doit être aussi bon père ;

Et quand tous rappelez ces preuves de ma foi,

Votre ▼dix m'avertit d'être digne de moi.

Des revers des sultans vous me tracez l'image :

Jejceconnois vos soins, madame, et je présage

Que , graoe.anz miens peut-être , un sort moins rigoureux

Écartera mon nom de ces noms malheureux.

Trop d'autres, négligeant le devoir qui m'arrête,

A des fils soupçonnés ont demandé leur tête.

Oui; mais n ont^ls jamais , après ces rudes coups ,

Détesté les transports d'un aveugle courroux?

Hélas! si ce moment doit m'ofPrir un coupable.

Peut-être que mon sort est assez déplorable.

Serai-je dope rangé parmi ces souverains

Qu'on a vus .de leurs fils juges trop inhumains.

Réduits à s'imposer ce fatal sacrifice?

Malheureux qu'on veut plaindre, et qu'il faut qu'où haïsse!

Quelque éclat dont leur régne ait ébloui les yeux.

De ces grands châtiments le souvenir affreux,

Éternisant l'efBroi qu'imprime leur mémoire,

Bléle un sombre nuage aux rayons de leur gloire.

Le nom de Soliman, madame, a mérité

De parvenir sans tache à la postérité.

Dans mon cœur vainement votre cruelle adresse

Cherche d'un vil dépit la vulgaire foiblesse,

Et voudroit par la haine irriter mes soupçons;

J'écarte ici la haine et pèse les raisons.

L'iutérét de mon sang me dît, pour le défendre, Qu uu coupable en ces lieux eût tremUé de se rtudre; Qu'adoré des soldats... Je l'étoîs comme luL..

ROXELANB.

Conune lui des Pefsans imploriez^voQs Tftppni?

SOLIMAN

Des Persans?... lui! grands dieux! Je retiens ttm colèfe : Ce n'est pas vous ici que doit en croire ifii père. Que des garants certains à mes yeux préBentés, Que la preuve à l'instant...

ROXELANE

Je le veux.

SOLIMAN, 5e levant.

Arrêtez.

Je redoute un courroux trop facile à surprendre. i>on maître en vain frémit, son juge doit f entendre. Que mon fils soit présent... Faites venir mon fils.

{Roxelane se lève, le visir paraît. ) Que vent-on?

Page 1