‹ Par l'Occident à l'Extrême Orient [microforme]Chapitre 2 sur 57 · ROBERT KERR · texte numérisé non relu

ROBERT KERR

Chef du Service de Voyageurs.

*‘€The New Highway to the Orient,”

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Quard Cüristophe Colomb fit voile vers l’ouest pour découvrir une nouvelle route des Indes, il songeait également au fabuleux Zipangu dont Marco Polo avait entendu parler à la cour de Khuïlai Khan. Après avoir quitté San Salvador et en vue de Cuba, le célèbre navigateur dut croire que le palais de Zipangu n’était pas loin avec ses toits, ses parquets, ses fenêtres “ d’or massif comme des dalles épaisses de deux bons doigts.”

Heureusement le Japon fut réservé pour notre siècle, pour notre génération, et ce pays exquis — différent du reste du monde, unique et précieu., joli et fignolé comme une de ses ‘ netsukes ”” où œuvres d'art minutieuses — fait les délices du voyageur le plus blasé et enchante tous ceux qui le visitent.

Colomb ne découvrit pas ce Zipangu, ou Jeh Pun, le pays du Soleil Levant. Il fut découvert en 1542 par Pinto qui rendit possible l’œuvre de St, François Xavier et des premiers Jésuites. Sans leur ingérence dans les affaires politiques le pays n'aurait pas été fermé à tout trafic étranger jusqu'au voyage de Perry en 1853. La baleine esi cause de ce grand résultat, Après avoir cité ce que Michelet dit à la louange de la baleine, Nitobe* ajoute : ‘que la fente par laquelle la diplomatie de Perry s'est frayé une entrée au Japon, a été le salut des baleiniers américains.” Au lieu de fournir un port de refuge aux naufragés et aux marins en détresse, le Japon souhaite à l'heure qu'il est la bienvenue au monde entier et nous ouvre une Arcadie étrange et nouvelle.

Depuis quelques années le nombre des voyageurs se rendant au Japon a quadruplé. Le tour du monde est devenu ce qu'était autrefois le tour d'Europe. La vieille maxime: “ Plus il y a de voyageurs, meilleurs seront les bateaux, et meilleurs sont les bateaux, plus il y aura de voyageurs,” se trouve confirmée par le nombre augmentant des voyageurs trans-pacifiques et par là la flotte des paquebois de la Compagnie du Chemin de fer Pacifique Canadien. La création de cette flotte correspondant avec les trains transcontinentaux a inauguré une nouvelle ère. Tout nous invite à faire le tour du monde. On dirait que de loin le Japon nous fait signe de venir. De Hong Kong à Liverpool on ne change que deux fois et, partout, le même système décimal de monnaie.

Le temps et les distances sont abolis. Le voyage de New York à Yokohama se fait comme autrefois le voyage de New York à Liverpool.

Dix jours après avoir quitté Yokohama |’ “ Empress of Japan ” arrive à VanCouver et en moins de quinze jours le voyageur se rend du Japon à New York ou à Boston. En soixante jours on peut aller de New Vork au Japon, y passer quatre semaines à visiter les endroits fameux, et être de retour à New York. Chaque jour le Japon se modernise et ceux qui désirent le voir dans sa splendeur nationale n’ont qu’à se hâter.

Toutes les saisons sont favorables pour entreprendre le voyage ; chacune fournit une attraction particulière. Le temps des cerises, la saison des chrysanthèmes sont les grandes occasions de l’année et lors de ces fêtes printanières et automnales le climat ne laisse rien à désirer. Les mois plutôt pluvieux de Juin et de Septembre ainsi que les chaleurs de l'été ne diminuent en rien le charme et l'intérêt de la vie en plein air. Généralement l'automne finit dans un été de la St. Martin qui dure jusqu’à Janvier et les nremières gelées provoquent une orgie de couleurs qui étonne même l'Américain tout habitué qu’il est aux merveilles de son feuillage automnal. En hiver, Tokio fourmille de monde, le parlement est en session, la cour eu fêtes, les solennités, les réceptions et les cérémonies abondent et aux plus mauvais jours le temps est agréable comparé à ce qu’on voit de l’autre côté du Pacifique.

*‘! Intercourse Between the United States and Japan,” par Inago Ota Nitobe. Baltimore. John Hopkins, 1891.

‘“ Le Japonais,” dit Percival Lowell, “ courtise la Nature et il semble qu'elle l'écoute et lui sourit; que l'amour la transfigure de son rayon divin comme il transfigure une jeune vierge. Nulle part elle n’est plus aimable qu'au Japon ; un climat uniformément tempéré, des mois de printemps et des mois d'automne séparés par un hiver de quelques semaines ; un pays de fleurs où le lotus et le cerisier, le prunier et le wistaria poussent ensemble ; où le bambou entoure l'érable ; où le pin a enfin trouvé son palmier ; où les zones tempérée et tropicale se confondent dans un long baiser.”

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