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Après une journée en chemin de fer le long du Hudson et du lac Champlain, ou bien une nuit de wagon-lit, le voyageur G’Europe ou de New York se trouve au point initial de son voyage. De Montréal à Vancouver la ligne du Pacifique Canadien enserre le continent, relie les deux océans comme s'ils n'étaient séparés que par un énorme quai. Dans des voitures luxueuses où il dort, dîne, se baigne, fume et lit comme à l'hôtel, il contemple le panorama du continent.
Toutes les beautés du nouveau monde se révèlent à lui; les immenses lacs, les grands fleuves, les plaines et les prairies, les forêts et les marais, et enfin la plus grandiose chaîne de montagnes.
Le train grimpe, saute, se précipite par dessus les barrières, dans ia gorge du Frazer, par les plaines boisées de Burrard et essoufflé s'arrête à côté de l’immense paquebot blanc qui doit transporter le voyageur de l’autre côté de l’océan, dans le vieux monde qui est le berceau de l'humanité.
Avec son indicateur annoté — un livret fort utile — le touriste a une vue à vol d'oiseau de tout le continent et en utilisant les pages blanches il en fait un complet journal de son voyage par terre. De la fenètre d'un wagon on peut se livrer à d'intéressantes études de géologie, de botanique et d’ethnologie. Durant la première journée le train file à travers la région des anciens glaciers dont les traces sont si évidentes qu'à chaque instant on s'attend à voir quelque torrent sortant de la ravine prochaine plutôt qu'un des innombrables lacs encaissés par la foret.
Le second jour le paysage continue sur une plus grande échelle et la vue embrasse cette vaste mer intérieure aux eaux bleues, le Lac Supérieur. Le côté nord est un vrai paradis pour le chasseur et le pêcheur ; on y voit une foule de lacs et de ruisseaux rapides dont les noms se traduisent par truites, et des truites de six livres, s’il vous plaît. A Fort William les voyageurs qui ont choisi la route d'Owen Sound par le Lac Huron, le pittoresque Sault Ste. Marie au Lac Supérieur, reprennent le train et à Moose Jaw, bien avant dans la prairie, le contingent de Chicago, de St. Paul et des Etats du Centre nous rejoint par la route du ‘“ Soo Pacific.” Comme d’autres voyageurs arrivent de tous côtés, on s'imagine que le monde entier est en route pour le Japon et qu’on fait patie de quelque gigantesque exode.