HONG-HONG
flotte anglaise en Asie, et les docks, l'arsenal et les fonderies Gans la colonie et en face la côte de Kowloon fournissent toutes les munitions et le nécessaire en temps de paix ou de guerre. Plus loin une forte garnison de troupes anglaises témoigne la puissance de l'Angleterre, et Hong-Kong, le Gibraltar de l'Orient, est une forteresse imprenable et une sauvegarde pour toute l'Asie,
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La longueur totale de l'île de Hong-Kong est de onze milles, et sa largeur varie de deux à quatre milles. 11 y a un peu moins de 10,000 Européens dans la colonie, mais une population chinoise de 200,000 habitants s’est fixée autour d'elle, quoiqu'elle soit réellement confinée à l'extrémité ouest où aux bas fonds de la ville, Une excursion en jinrikisha dans le Praya et le long du chemin de la Reine convainera que l'estimation de la population chinoise est inférieure à ce qu’elle est réellement. Plus de 20,000 Chinois vivent sur les bateaux du hâvre.
Débarquant au quai de Pedder, le voyageur est pour ainsi dire à la porte de son hôtel, à moins qu'il n'arrive durant l'été, quand les hôtels du Pic lui offriront un refuge. L'une des entrées de l'hôtel de Hong- Kong donne sur le chemin de la Reine, et tout près se trouve la Tour de la Cloche, de laquelle toutes les distances se mesurent, Le Club de Hong-Kong, le Club Allemand, et le Lusitano ou Club Portugais, le bureau des Postes, et les banques de Hong-Kong et de Shanghaï sont tous dans le voisinage immédiat de la Tour de la Cloche, De cet endroit en se dirigeant vers l'ouest, il y a une arcade continue de magasins dans lesquels sont exposés tous les produits artistiques et industriels du Sud de la Chine, et l'on peut y acheter des soicries, des crèpes, des ivoires, des laques, des porcelaines, des articles sculptés en bois de teck et des articles en bambou.
Les rues fourmillent d’une foule bigarrée — Juifs, Turcs, Mahométans, Européens, Indous, Javanais, Japonais, Malais, Parsis, Sikhs, Cyngalais, Portugais, métis, et partout les coolies chinois aux traits rudes, portant des bâtons, des seaux, des paniers et des chaises à porteurs, ou trottant gauchement devant une jinrikisha encore plus gauche, Un aya Indien, emmailloté de blanc, descend le long escalier d’une rue de traverse ; un agent de police Sikh de haute stature se tient immobile comme une statue à un coin de rue; un raccommodeur de profession, avec des lunettes lui donnant l'air d’un hibou, est assis près de son panier rempli de chiffons, réparant et mettant des pièces ; un barbier dépose son bâton et ses boîtes et commence à opérer sur un client ; des rangées de coolies assis contre quelque mur graisseux se livrent à des recherches sur la tête les uns des autres ; un groupe de gamins à la tresse nattée s'amusent avec leurs pieds à une espèce de jeu de volant ; les colporteurs vous brisent le tympan par leurs cris perçants ; des pétards éclatent et sifflent faisant appel au “ Joss” ; et du hâvre arrive le bruit des salves de canon des navires saluant l’arrivée d'un navire de guerre, d’un amiral, d’un gouverneur, ou d’un consul faisant une visite à la flotte. ‘Tel est le panorama constant, enchanteur que présente le chemin de la Reine, le Praya et autres chemins, grandes routes actives et cosmopolites au plus haut degré, où l'Orient et l'Occident se touchent, où 1’Asie, l'Australie, l'Océanie, l'Europe et l'Amérique se rencontrent et se mélangent indifféremment.
Le voyageur devrait visiter l'Hôtel de Ville et son musée, et faire une excursion en jinrikisha au delà des casernes, au Champ de Courses établi dans la Vallée Heureuse, et visiter les cimetières juif, parsi, mahométan, anglican et catholique qui entourent le grand terrain de plaisance ovale, La semaine des courses se tient en Février, et est la saison de gala de Hong-Kong.
Les terrains autour de la maison du Gouverneur et du fardin Botanique font l'orgueil de la colonie, et des routes ombragées de bananiers, de bosquets de palmiers, de mimosas en fleurs, et ce luxe de végétations grandioses, étranges, donnent un aspect vraiment tropical à chaque
scène, Un peu plus bas que la maison du Gouverneur il y a une élégante cathédrale.
Pour faire l'ascension des chemins élevés, on se fait conduire en chaise à porteurs, par les ruelles qui semblent des escaliers de ciment ou de pierre. Il y a un tarif régulier de fixé, mais lors du règlement il y a toujours des discussions. Personne ne devrait essayer de réduire le salaire du coolie, En ne payant que le tarif indique généralement on soulève des protestations ; quant à réduire le taux fixé soulève un véritable charivari. Le tarif supposé d’un jinrikisha est de quinze cents par heure ou cinquante cents par jour. Le prix des chaises est de dix cents par heure et par porteur, ou, au total, vingt cents par heure, La construction de l'ascenseur faisant le trajet jusqu'au sommet de la montagne étant terminée, a heureusement supprimé une grande partie des inconvénients que présentait le transport en chaise.
Une espèce de sabir anglais est employé, mais un petit vocabulaire de mots chinois est suffisant pour tenir lieu de conversation avec les porteurs de chaises :
Dépêchez-vous, plus vite. Fie tee.
Faites attention, prenez garde. See sum.
Venez ici. Liee ne shu.
Ne faites pas cela. M-ho to.
Arrètez. Man man.
Attendez un peu. Tongue yut sum.
Ceci fera. Tos tuk lok.
Le plus souvent, lorsque les porteurs de chaise veulent faire signe au voyageur de rester tranquillement assis, de manière à maintenir l'équilibre, ou de se placer soit à droite ou à gauche, ils se contentent de frapper sur les brancards de la chaise. Pareïillement si le v'\a1geur desire s’arrêter il frappe sur le brancard — celui de droit ou de gauche selon la côté de la rue duquel il veut descendre.
L'on peut aisément rassembler quelques mots du jargon mi-anglais, et trouver w»askee pour dire, tout droit, en avant, très bien, ne vous inquiétez pas, etc., un mot très utile, 70p side pour en haut: fridgin pour affaires, magasins, intérêt : c4op chop pour tout droit, vite ; clow chow, où simplement «low, pour nourriture ; fecee pour chose ou articles ; side pour place, région, maison, contrée, pays, etc. ; catch pour chercher, porter, ‘ecevoir, apporter et acheter, sont les mots les plus communément employés, et s’apprennent si facilement et s'adoptent si vite que bientôt on se voit dans l'impossibilité de dire une phrase correcte en français, par suite du charme corrupteur du “ fidgin."”
En deux heures l’on peut se rendre de Hong-Kong à Macao, une cité
portugaise fondée il y à trois cents ans, visiter ses anciens forts, les jar-
dins et la grotte où Camoëns écrivit ses poèmes ; jeter
MACAO. un coup d'œil sur les joueurs blancs et chinois de
ce Monte Carlo de l’Extrème Orient; surveiller le
chargement des cargaisons d’opium; se reposer dans un excellent hôtel, et prendre un bain de mer,
Un jour suffit au touriste ordinaire pour visiter et examiner les princi-
paux points de vue de Canton. Le bateau de nuit de Hong-Kong vous
emportera à quatre-vingt-dix milles en amont de la rivière Perle à cette
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ville (le trois millions d'habitants, et versl'aube le bourdonnement de cette immense population vous parviendra aux oreilles, semblable aux mugissements des flots de la mer, Il y a maintenant un hôtel au Shameen, mais antérieurement, à moins qu’ il n'ait été invité à la maison d'un des résidents étrangers, le voyageur logeait dans le CANTON.
steamer, changeant du bateau de nuit à celui de jour, selon les départs.
Le doyen de la corporation des guides, ou un cicerone de moindre importance, vous présentera sa carte à l’arrivée du steamer, et, en une seule file, la procession de chaises à porteurs suivra le guide à travers les rues, puis traversera la ville au-dessus d’une route d’où l'on peut jouir du panorama de chacun des quartiers de Canton.
Un pont aux portes fermées et gardée conduit au Shameen, une île de l’Arcadie où réside la petite colonie des étrangers. Les Cantonais ne sont guère bien disposés à l'égard des étrangers, et le visiteur est averti de ne pas faire attention aux remarques ou aux gestes déplaisants,
Ensuite il y a lieu de visiter le Temple des Cinq Cents Génies ; la Cloche d'Eau dans le temple sur les murs ; le Temple des Horreurs dont la cour est remplie de diseurs de bonne aventure et de mendiants ; la place des Exécutions, la salle des Examens et la Pagode, haute de cinq étages, sur les murs de la ville, où le guide trouvera 1es chaises et une table et disposera le goûter emporté du steamer ou de l'hôtel, Revenant par la ville on visitera la Pagode Fleurie, ruines d’un palais de marbre, autrefois un splendide monument ; l'ancien Yaamen anglais, où la première légation étrangère fut installée en 1842 ; le Temple des Cinq Génies, la Cour des Magistrats, la Prison de la ville, et la salle de la Corporation des Marchands de thé vert ; on peut s'arrêter pour l'heure du thé et faire une promenade à travers les paisibles avenues ombragées de banyans et le long du Bund de Shameen.
La vie riveraine de Canton, avec ses milliers de bateaux, sur lesquels des milliers de créatures humaines sont nées, ont vécu, se sont mariées et sont mortes, où vit une classe distincte sous tous les rapports des citadins, est toujours en vue, et ses cris s'entendent continuellement. Les bords de la rivière sont garnis de ces habitations flottantes de même que le réseau de criques se trouvant par toute la cité.
Entre les temples on voit le panorama des boutiques en plein vent, des rues où se trouvent les magasins de soieries, de jades, et de bijouteries ; des ateliers de tisserands et des caves occupées par les batteurs d'or ; boutiques de cordonniers, d'ébénistes, boucheries et marchands de comestibles de chaque côté. Des comestibles indéfinissables, inconnus, rissolent dans les casseroles et envoient leurs parfums dans les airs. Des canards desséches sont pendus par leur cou d’une demi-aune de long, et un morceau de viande desséchée, exposé à un étal, par sa forme allongée frisée, avec l'extrémité en forme de vrille, nous annonce le rat. Le rat se trouve sur tous les marchés, vivant en cages, frais ou desséché à l’étal des bouchers, et souvent des rats desséchés sont achetés par les touristes comme preuve de l’histoire souvent niée du rat employé comme comestible. Les théâtres sont nombreux; les magasins de costumes théâtrals dans certain quartier se touchent les uns les autres sur une assez longue étendue ; les marchands de vieux costumes abondent, et il y a des boutiques de prèteurs sur gages et de marchands de curiosités en quantité considérable.