SAMPAN ET BATEAU FLEURI, CANTON
La loi ñxe un minimum de sept pieds de largeur pour les rues, et beaucoup ne dépassent pas cette largeur. Au bas de ces ruelies étroites, recouvertes de tentes nattées, entre les enseignes flottantes bariolées de noir, d’or et de vermillon, la foule fourmille. Deux chaises peuvent difficilement passer. Au tournant de certains angles, les brancards des chaises sont introduits parfois bien avant dans les magasins et, quand la chaise d’un mandarin accompagné de son escorte apparaît, l’on est pressé dans l’entrée d’une boutique en plein vent, et l’on n'échappe pas toujours à l'abri de la bousculade que produit le passage de l’escorte. C'est une journée rendue fatigante par le cahotement, l’étourdissement. Quand le bateau glissant doucement le long ile la rivière passe devant la cathédrale française et le mouillage toujours animé de Wampoa, entre les champs paisibles et unis, l’on peut difficilement se rendre un compte exact de ce qu'on a vu. Mais on rève de cette cité orientale si riche et si pleire de splendeur barbare, cette cité de richesses immenses et de pauvreté indescriptibles, et l’on revoit de nouveau les étroits et animés passages, les scintillements de l'or et du vermillon, les éclats et les étincellements des intérieurs fastueux, dans lequels la reine de Saba, si elle vivait, viendrait certainement faire ses achats.
De Hong-Kong les communications par eau divergent comme les rais d’une roue dans toutes les directions du glebe, et le voyageur peut prendre le bateau pour se rendre dans n'importe quelle partie du monde.
L'Australie et la Nouvelle Zélande sont une des grand'routes, et hivernant là, le touriste peut, à la fin de la saison des ouragans, février et mars, pousser une pointe parmi ces charmants et indolents royaumes du muude tropical, la Mer du Sud, visiter Samoa, Tahiti et Fiji, et à Levuka, srendre le bateau pour retourner à Hong-Kong.
De petits steamers se rendent journellement à Manille, aux Indes Orientales Américaines, en soixante heures, et deux lignes de grands paque-
bots à vapeur australiens font escale à Maniile à l'aller
MANILLE. et au retour. Les ruines des vieilles fortifications es-
pagnoles sont intéressantes à visiter, et les récents évènements ont rendu les environs intéressants au point de vue historique,
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Le chemin de fe: communiquant à Dagupan permet de jeter un coup d'œil rapide sur les provinces, et une promenade en amont de la rivière ctautour de la lagune del Baia periuettront au touriste d’avoir un aperçu de la vie intime et des paysages philippins. De novembre à mars la température est sèche et la chaleur supportable, De mars à novembre les grandes chaleurs, les pluies, et les typhons qui se forment à cette époque, une baie constamment hoüleuse, offrent peu de perspectives d'agrément aux voyageurs.
La route la plus fréquentée, toutefois, est celle de l'Inde, et les steamers font arrêt pendant un jour à Singapore, le centre équatorial de l'Orient, où toutes les voies commerciales viennent passer, où les personnes de toutes nationalités en destination pour les parties les plus reculées du globe, se rencontrent à son hôtel fameux pour ses “ curries ” et ses boissons glacées.
De ce carrefour maritime on peut prendre les steamers, dont les départs sont presque journaliers, et font en trente-six heures le trajet de Batavia par l'équateur.
Java*, avec ses merveilles de la nature, ses ruines des plus grands temples de l'univers, ses monuments et ses reliques d’une civilisation antique, attire plus de voyageurs, d’archéologues et de botanistes chaque hiver, et l'achèvement d'un système JAVA. de chemins de fer rend possible une traversée rapide entourée d’un certain confort à travers les forêts incendiées et les forêts brûlantes.
On peut de là se rendre directement à Ceylan, ou, déviant de son itinéraire, visiter Rangoon par voie de Calcutta, ét mème en ne séjournant qu’un seul jour dans le port jouir du spectacle de la vie burmaise et du culte bouddhiste dans cette partie reculée des Indes.
A Colombo, le voyageur prend un repos d’un jour, change de bateau, ou prenant le chemin de fer conduisant à Kandy, escalade les hauteurs, visite de Pic d'Adams, la dent de Bouddah, les plantations à thé, les bosquets le cinchonas et les plantations de café, et peut partout acheter des imitations de saphirs et d’œils de chat, fabriqués peut-être à Birmingham à l'intention du voyageur faisant son tour du monde,
De Ceylan, le touriste consciencieux se rendra à Tuticorin et à Madras, et de là à Calcutta. Décembre, janvier et février sont les mois pour visiter l'Inde, Durant la saison d'hiver, malheureusement, les stations ne sont rien moins que désertes, et il est difficile de retrouver des traces du Simla de Rudyard Kipling dans cette place désolée et où les maisons sont construites en planches. Mais les Himalayas peuvent être vus dans toute leur splendeur de la région aux environs de Darjeeling. Comme le Vice-roi quitte Calcutta pour se rendre à Simla vers le mois de mai, sitôt aue la saison chaude commence et, retournant à Calcutta sitôt que la saison froide approche, le visiteur qui voudrait voir un cortège avec tous les luxes et la splendeur que l'Orient peut offrir, devrait essayer de s'y rendre à cette époque.
De Bombay, un bateau le conduira plus loin dans sa tournée et, une fois passé la mer Rouge, le véritable Orient est disparu, car Suez et le Levant semblent l'Europe dans l'opinion des habitants du Cathay, — et alors l'extrême Orient semble un rève en effet.
* Voir Java, The Garden ofthe Fast. Century Co., 1897.
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