SCÈNE V
LÉS MÊMES, moins GALÉAS et PETRUGGIO
VENTURA, à Bettina, en montrant Ludwig.
Dis donc, occupe-le. Je cause avec Laura.
BETTINA
Bien!...
(Quand Bettina lui a répondu, Ventura s'écarte avec Laura, par la ruelle en contrebas adroite. Quelques buveurs restent sous la tonnelle. A la table en évidence il ne demeure que Bettina, Ludwig et Pasquale.)
Lud^vig, est-ce ici que Conrad passera En revenant tantôt de la cérémonie?
LUDWIG
Je n'en sais rien. Je sais que ma tasse est finie. Verse doncl Aujourd'liui, boire, c'est le devoir.
(11 boit.) BETTINA
Vive Conrad le Loup! Je voudrais tant le voir! C'est amusant, un loup qui sort de sa tanière*
PASQUALE
Un fameux homme?
LUDWIG
Penh !
BETTINA
Féroce?
LDDWIG
A sa manière.
Dn ignore toujours, tant il vous a d'esprit,
Quand il montre les dents, s'il grince ou bien s'il rit.
PaSQUALE
(1 est donc gai?
LUDWIG, MleTant
Parbleu ! Nous tous, tant que nous sommes,
(A Bettin^ en lui faisant léter son gobelet.)
Nous sommes gais. Bois donc... Quoique, après tout, les hommes,
Ça les change, vois-tu, de. devenir maris.
11 n'est plus bon pour nous depuis qu'il s'est épris
De Rinalda. Conrad marié 1 C'est étrange.
(U s'est rassis, triste.) BBTTINA
Pourquoi donc?
LUDWIG, sentimental.
Youdrais-tu nous marier, cher ange ?
BETTINA
Eh! mais, c'est une idée; et je ne dis pas non! Car de ma guimpe blanche et de ton noir pennon Les produits qui naîtraient, fils de nos œuvres pied. Seraient de deux couleurs comme des chevaux pies.
(Elle s'assied tout à trac sur les genoux de Ludwig, qui rat'ûw eontre laL| PASQUALE, feignant d être scandalisé.
Oh! ohl seigneur soldat...
LUDWIG, Iftchant fiettina, puis devenant très sombre.
Oui, soldat, en effet.
Rien que soldat! C'est un passe-droit qu'on m'a fait