‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableauxChapitre 114 sur 120 · SCÈNE ,IV · texte numérisé non relu

SCÈNE ,IV

Les Mêmes, moins KARL

RINALDA, courant à Conrad, terrifiée. '

Mais pourquoi?

CONRAD, ^ tenant aux cl^eveux.

Pour que sa vie encor me réponde de toi.

Pendant que je me rue au combat, si» tu bouges.

En revenant, devant tes yeux, de mes mains rouges ^ ,

Je serrerai sa gorge et je l'étranglerai; .

El c'est toi qui l'auras voulu.

RINALQA

" * ^ Mottslre! .

A ton gré \ '. , SCÈNE V ■ '

,î.jBiS MftM^s, KARt, RIZZO

(Rentre Karl, portant Rizzo attaché et bâillonnô.)! RIl&ZO. 86 débattant et airachant son bftillon.

Rioalda !

RINALDÂ, à Conrad.

Grâce ! grâce ! '

CONRAD, à Karl, qui liésite.

Obéis, et l'emporte!

(Sort Karl, emportant- Rizzo par la, grand'porte degaacli«.>.

■ ■ ■' 'scène VI •: ,;' :'...[ , . CONBAD.'RUJALDA

RINALDA . . •

lâche!

CONRAD, la tenant par lê> poignets.

A tout à l'heure, roi.

(Il la jette à terre contre la porte de l'oratoire.)

Garde la porte!

|H court prendre sur la table son épée qu'il brandit.)

£t maintenant, à nous. Guerre!... Recommençons!

(Par la lenôtre ouTerte, on entend sonner frénétiquement la charge, qui contins» quelques moments encore après la sortie de Courad.)

Trompette, éveille-moi par tesrauques chansons 1 .

Que les morts entassés montent ju$qu*à ma selle !

Et que mon sabre fume, et que le sang, ruisselle i . ,

£t puisse, dans ces flots de vivante liqueur,

S'éteindre le brasier qui dévore mon cœur 1

(II. sort en courant par la porte de gauche.>>

teO PAR LE GLAIVE

SCÈNE Yll R I N Â L D A , seule, prostrée ooatre la porte de l'onfolrt.

Ah! que faire?

(Elle frappe la porte en criant)

Guido !... Mais non, non ! Je suis folle 1 Je ne peux pas. 11 faut à Rizzo qu'on me vole Courir, et le...

(Elle se traîne vers la grand'porte.)

Mais quoi ! Laisser Guido reclus Dans cette tombe ! Horreur ! Je ne peux pas non plus.

(Allant à la fendtre, d'où elle essaie de regarder du côté où Ta s'engager la

bataille.)

Dieu bon, prends pitié de ta pauvre servante 1

Toi seul peux les sauver, toi seul !... Brave et fervente,

En retour, je tiendrai mes effroyables vœux.

Oui, me sacrifier, jusqu'au bout, je le veux.

Guido sera Tépoux de Bianca ; j'y suis prête.

Moi, oui !... Mais lui? *

(Montrant l'oratoire.)

J'ai peur... Si son refus m'arrête !

Non. J'ai beau le vouloir. En vain je le promets. Non, moi vivante! il n'y consentira jamais.

VOIX DES COMBATTANTS, au dehors.

Ah!

Jet éclatent, furieuses, la sonnerie de la charge et la rumeur delà bataille, qu'on

«mendia tantôt s'eioignant, tantôt plus procbe, jusqu'à l'entrée do peuple tkui-

queur.)

RINALDA

Ah! Pourquoi Conrad ne m'a-t-il pas tuée?

Seigneur Dieu, fais jaillir l'éclair de ta nuée, Et que je meure ! Vois, Tholocauste est trop grand. Je ne peux, si je vis. Je pourrais, en mourant.

(Elle Tient tomber, anéantie, sur le tabouret pràs éê la tabla.

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