ACTE DEUl^IÈME
BIANCA
Un ami De mon père.
RINALDÂ
Et ton père? IJ est mort à. demi, .
Me disais-tu. Pourvu qu'il vive encor, pauvre être i
G A L É A S , refermant la porte.
^1 vit, madame.
STRADA
Et vous allez mourir.
BIANCA, Btui)éfaite
Quoi!
RINJlLDA,s6 sauvant à droite et se faisant un rempart des sièges en désordre.
Traître I Un guet-apens 1 A Taidè 1 A moi !
STRADA
Vos cris sont vains.
BIANCA, courant à son pore.
Mon père, ce n'est pas possible !... Et moi qui vins Avec des pleurs, avec des serments... Oh! l'infâme t De quel péché mortel ai-je damné mon âme !
Invoquer pour cela la Madone et les Saints I Me faire sacrilège au profit d'assassins !
(A Strada.)
Non, je ne-veux pas I Non ! S'il faut que s'accomplisse Un pareil forfait, moi je n'en suis pas complice.
STRADA
Silence ! Vous avez, lorsqu'on vous enrôla, ^
Juré de m'obéir.
GALÉAS
C'est vrai !
BIANCA
Pas jusque-là!
(Goarant à Rinalda, et plaidant, affolée.)
On m'a dit : c Va nous la chercher. Coûte que coûte. Amène-la. Fais tout afin qu'elle t'écoute.
Mens. Pleure. » Et j'ai pleuré, j'ai menti, sans remord. Mais je ne savais pas vous conduire à la mort
(Revenant vers les deux hommes.)
Ah! /2ites-le-lui donc, vous, que je suis sincère 1
êTAADA
Pourquoi vous disculper? Ce n'est pas nécessaire. Même eussiez-Yous été dans notre affreux secreti Vous n'en sauriez av^ir ni honte ni regret.
Un devoir est souvient dominé par un autre; Et votre seul devoir était, comme est le nôtre, D'obéir, d'obéjr en tout, aveuglément.
GALÉAS, tout le regard de Stradm.
Moi-même, je ne suis ici qu'un instrument.
A celui qui me tient, sans peur, je m'abandonne,
(Il Tient prendre sur la table le glaive.)
Le glaive est innocent du châtiment qu'il donne.
RINALDA, avançant ven ttix*
Le châtiment? De quoi? Que dis-tu? Qu'ai-je fait? Sait-on la cause dont on veut punir l'effet?
C'est dans le but, et non dans l'acte, qu'est le crime. Oui, j'ai pris pour époux l'homme qui nous opprime I Ouil j'ai trahi! Mais qui vous dit que ma raison M'a pas été forcée à cette trahison?