ACTE PREMIER
Je pus auprès de lui prier quelques moments Tandis qu*on lui donnait les derniers sacrements. 11 râlait quand je dus sortir avec le prêtre.
{Aprôs un silence.)
Mais nous avons Rizzo, son frère...
GALÉAS
Un futur traitret
PETRUGCIO
11 a huit ans*
Il vit chez Conrad, au palais, Pêle-mêle parmi ses ribauds, ses valets, Apprenant à lécher la main qui nous opprime.
Pauvre enfant qu'on nourrit avec le pain du crime. Et qui ne voit partout dans sa propre maison Que l'exemple du vice et de la trahison!
(Strada vient s'accoter à la porte ouverte de l'aaberge, et il écoate.)
Qui donc lui donnerait une âme patriote?
Son oncle Rasponi peut-être, iscariote
Qui sans remords, sans honte, à Conrad nous vendit»
Si méprisé, qu'il lest même par ce bandit!
Est-ce sur Rinalda qu'il doit prendre modèle.
L'infâme Rinalda, doublement infidèle.
Parjure à son pays, parjure à son amant,
Elle qui, fiancée à Guido par serment,
Aussitôt que la mort de Guido fut certaine,
Eut le cœur d*épouser Conrad, un capitaine
De brigands, un Souabe, un despote étranger
Vautré sur ce pays qu'il venait d'égorger?
PETRUCCIO
Calme-toi, Galéas, et rentrons, je t'en prie.
Ohl quel rêve! Être jeune, et sauver la patriet
PETRUCGIO ,
Nos fils la sauveront.
GALÉAS
Je n'en ai pas. Je n'ai Que ma Bianca...
PETRUCGIO
Par qui ton bras est enchaîné.
GALÉAS
Ma chère fille I
PETRUCGIO
Ainsi chacun a ses entraves, Tu vois bien; et cela rend prudents les plus braves.
GALÉAS
C'est vrai, Petruccio, je suis un lâche aussi.
PETRUCGIO
Non, bien sûr, lu n'es pas un lâche, Dieu merci) Ni moi non plus, ni ces jeunes gens, ni personne. Mais on vit, on attend.
GALÉAS
Quoi donc?
PETRUCGIO
Que l'heure sonne.
Ohf l'entendre, et mourir de joie en l'entendant! Voir ce Conrad...
Pa ealead li toU d'an itrogne chantant dans la raelie en eonti t'ha^it, à droite.)