ACTE TROISIÈME
8 T R A D À y d'ane Toiz nette et brève.
Voici. Vous savez qu'elle l'aime.
RINALDA
Qu'est-ce que cela fait, puisqu'elle a renoncé?
STRADA
Mais moi, je ne renonce à rien.
RINALDA
C'est insensé!
Que veut dire?... Elle l'aime! Après?... Passion vaine!
(Elle est allée à la fenêtre et l'ouTre bruiquement*
Cet amour, moi, j'y vois le salut de Ravenne.
RINALDA
Cet amour, de Bianca pour Guido! Mais comment?
STRADA
Ah I toujours l'intérêt ! toujours l'aveuglement I Vous ne comprenez pas que les bourgeois, la plèbe. Ceux du négoce, ceux des faubourgs, de la glèbe. Tous, tous, ils sont à nous, conquis, d'accord, heureux. Si Guido prend pour femme une fille d'entre eux.
(Rinalda fait un mouveinent de refus.)
Vous ne comprenez pas que dans la république Ce mariage, c'est, réelle et symbolique, Pour le peuple, enfin noble et réhabilité, L'entrée au paradis de la fraternité I
RINALDA, éclatant.
Je ne veux pas... Guido! Mon Guido t
C'est le nôtre.
RINALDA
Ah! vous n'avez jamais aimé! Souffrir qu'une autre 'empare de ce bien qu'on me rend aujourd'hui! Non, non! Il est à moi.
Vous n'êtes plus à lui.
RINALDA, avec un geste d'horreur.
Ohf
STRADA, d'une voix insistante et cruelle.
Et VOUS le savez. Hier, pudique et farouche, Votre bouche a dû fuir le baiser de sa bouche.
RINALDA
Ne mè torturez pas! oui, c'est vrai, je le sais. Mais n'être plus à lui, n'est-ce donc pas assez? Faut-il encore?...
STRADA
Il faut le donner, oui, sans, doute.
RINALDA
Le donner!
STRADA
Oui, car c'est vous seule qu'il écoule; Et vous devez, au nom du pays, saintement, Le décider vous-même à ce consentement.
RINALDA
Moi 1 Moi ! Mais ce serait un crime, une démence I