ACTE TROISIÈME
C'est à votre refus que le crime commence.
Crime envers la patrie, et crime envers Guido, Crime dont votre nom portera le fardeau Partout, toujours, et dans l'enfer et dans l'histoire. Ce refus, c'est Gùido perdu, c'est la victoire Qui s'envole emportant l'espoir des libertés. Et vous dites l'aimer, Guido ? Non, vous mentez
RINALDA, tombant sur le banc devant la fenêtre.
Grâce !
STRADA
Vous êtes lâche.
RINALDA
Et vous, bien implacable.
Ne puis-je défaillir sous l'horreur qui m'accable ? Oui, me sacrifier, je le veux en effet.
J'aime Guido. Songez à tout ce que j'ai fait. Mais cela, non, jamais je ne pourrai le faire. Mes forces sont à bout. J'ai gravi mon Calvaire. Me pousser jusque-là, c'est trop, c'est inhumain.
STRADA
Notre-Seigneur tomba trois fois sur le chemin. Trois fois ! Je comprends donc que votre pas faiblisse, Pauvre femme tremblante, en marchant au supplice. Mais songez bien que si le monde fut sauvé.
C'est que Notre-Seigneur trois fois s'est relevé. Enfin (pardonnez-moi, je vais être sévère) ; Mais, pour dire vraiment qu'on gravit son Calvaire, Ce que vous avez fait ne suffit point, je crois : 11 faut monter encor, monter jusqu'à la croix. . .
RINALDA
Ah f qui m'en donnerait Teffroyable courage?
8TRADA9 s'exadtant et l'exaltant, elle aatsi, poo à dans un élan d'enthousiasme mystique.
Qui ? la fraternité, la grandeur de Touvrage, L'orgueil du sacrifice où Ton se sent bénir Par rhosanna qui chante au ciel de l'avenir, riebout, pour l'action fervente et résolue I
(Elle se love.)
Loin de gémir, soyez fière d'être l'élue Par qui s'accomplira le bonheur souhaité 1 L'entendez-vous venir, Tange de Liberté, Qui soufQe à votre esprit le feu des nobles zèles Et vous offre la palme en déployant ses ailes ?
(Il la pousse en quelque sorte devant lui, hsletante, illuminée.)
Dites que vous voulez le suivre en ce chemin Où ses doigts lumineux vous mènent par la main t Dites que vous sentez dans votre âme agrandie Resplendir de la foi le mystique incendie 1 Dites que vous voyez le but, qu'il est sacré, Qu'il faut l'atteindre. Oh 1 oui, dites 1
(11 joint les mains en suppliant)
aiNALDA| à Favant-scène, tombant à genoux, sous les mains Jointes de Stnd^ tt les deux bras levés au ciel comme en extase.
Je tâcherai.
\ (^ideui