‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableauxChapitre 98 sur 120 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

RINALDA

Mais quel homme est venu Avec toi ? Parle, parle. Il faut qu'il soit connu. Cet homme, n'est-ce pas, c'est ton père?

BIANGA

Oui, mon père.

Nous espérions tuer le loup dans son repaire. Vain espoir ! Par bonheur, mon père s'est enfui. Mais j'étais sa complice, et je paîrai pour lui.

Allons, explique mieux. . •

B I A N C A y cherchant d*abord set mots, puis peu à peu «'exaltant.

Que veux-tu qu'on t'explique^ Monstre, et ne sais-tu pas que la haine publique Des forfaits d'un tyran fait son sol coutumier Et que sa rouge fleur jaillit de ce fumier?

Que te faut-il encor pour te rendre plus claires Nos conjurations, nos rancœurs, nos colères ? A ta gorge, bandit, au cou de celle-là Qui sans vergogne à ton char de mort s'attela. N'est-il pas naturel que saute la vengeance?

Et si ton Rasponi nous fut d'intelligence.

Dois-tu donc t'ébahir que ce traître à genoux Soit un Judas pour toi, puisqu'il le fut pour nous? Va, va» la seule chose ici d'inexplicable, C'est l'injuste rigueur dont le ciel nous accable En retardant le jour où sous nos fers levés Tout ton sang répandu lavera nos pavés.

C N R A D y les bras croisés, calme en apparenot.

Après V

BIANGA

Je n'ai plus rien à dire, rien.

CONRAD y la menaçant.

rage !

RINALDA, se jetant entre elle et lui.

Laissez! Votre colère excite son courage.

(Comme prise d'une idée subite.)

Demain, à la torture ! Oui, demain, c'est cela ! Demain, nous la ferons s'expliquer. Jusque-là, Qu'on la garde en prison I

(Avec une explosion de fureur.)

Ah ! je serai ^ngée î

(Poussant Bianca vers la grand'porto de gauche, et la jetant presque parmi let

gardes, avec violence et précipitation.)

Allez 1 Emmenez-la 1

(Sortent Bianca et quatre gardes.) (A. Conrad.)

Vous me trouvez changée, Moi, si bonne? Ah! trop bonne envers ces exaltés 1.. Mais, renvoyez vos gens.

CONRAD, à Toiz grondante.

Nonl En vain vous mentez.

Vos regards inquiets trahissent votre histoire.

(Du premier plan à droite, où il est, il se dirige à pas lents et en droite ligne veri la porte de l'oratoire, où il vient poser le doigt en disant le dernier mot du vers suivant.)

L'homme est ici, pour sûr, ici, dans l'oratoire.

(Se retournant vers Rinalda.)

La clef de cette porte 1 Allons, vite, donnez.

RINALDA, résolument

Non, monseigneur.

CONRAD, avec un haut-le-corpt.

Hein?

-0 RINALDA

Vos outrages forcenés,

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