‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableaux. Représenté pour la première fois sur la scène de la Comédie française, le lundi 8 février 1892Chapitre 102 sur 123 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

GALE AS, haussant les épaulei.

A tort?

STRADA

A tort, le dis-je.

Qu'elle pût nous trahir, ce serait un prodige. Ce serait à douter des anges et des saints. Mais non. Je la connais. J'ai foi dans ses desseins. Elle est sublime, elic est héroïquement grande. Vous la bénirez tous en voyant quelle offrande Elle met sur l'autel de la patrie en pleurs, Holocauste divin, bouquet de rouges fleurs Qu'empourpre en s'immolant son cœur qu'elle déchire.

GALÉAS

Qu'est-ce donc?

STRADA, passant vers les gentilshommes.

Je ne puis encore vous le dire.

Mais on saura demain ce qu'elle a fait pour nous, Et ses accusateurs seront à ses genoux.

GALEAS, aux mécontents.

Quoi ! c'est à Hinalda qu'il voudrait nous soumettre !

Allons donc ! Elle l'a séduit, comme son maître.

Mais sur nous, sur nos cœurs, elle n'a point de droits.

{.\ Strada.)

Pourquoi la croirions-nous ?

STRADA

Parce que je la crois.

GALÉAS

ifais qu« ta confrance en elle soit trompée, Quel recours avons-nous contre elle?

STRADA, la prenant parmi les armes en las contre le tronc d'arbic.

Cette épée !

(Il l'ciamine avec angoisses, puis ajoute :)

Pour la première fois une arme est dans ma main; Jamais je n'ai frappé de mort un être iiumain; Mais, contre Hinalda proclamée anathèrac, De son sang répandu j'accepte le baptême; Et, j'en prends devant vous l'engagement sacré, Elle infâme, c'est moi qui l'exécuterai.

(Uouvcmcnt dans la fou^c.)

Page 1