ACTE DEUXIÈME
Les rapaces ne sont pas faits pour vivre en cage.
Encor, les premiers temps, passe! On pille; on saccage;
On viole; on massacre; on s'amuse, quoi! Mais,
A la longue!... D'ailleurs, c'est lini, désormais,
De rire. Ou'on enlève une lille têtue,
A présent, et voilà que son père vous tue!
Et c'est bien fait! A quoi sert donc d'être vainqueur?
Non, voyez-vous, nous en avons trop sur le cœur;
Et je le lui dirai, sans prendre de mitaine.
Après tout, il n'est rien que notre capitaine.
N'est-ce pas? H doit tout à ses vieux compagnons.
METZLER
Certes, l'honneur qu'il a, c'est nous qui le gagnons.
RASPONI
Sans doute. Slais, qu'y faire? Et que veut-on, en somme?
LUDWIG
Ce qu'on veut? Crier : Tue! Et qu'il réponde : Assomme!
Qu'il ne nous laisse pas végéter dans ce coin,
]'l qu'il rentre en campagne, et nous mène plus loin,
A Faëuza, Forli, le lieu n'importe guère,
Dans la lune, pourvu qu'on y fasse la guerre.
RASPONI
Eh bien! mon cher Ludwig, vos vœux sont superflus.
Le dogue est dans sa niche : il n'en sortira plus.
Ah! ce qu'il vous faudrait!... Mais non. Mieux vaut me taire.
METZLER
<c'.icvez!
RASPONI
Rien! un rêve!
METZLER
Eh! pas tant de mystère!
Je devine. Il faudrait....
RASPONI
Quoi?
METZLER
Que l'on s'entendît, Qu'un nouveau chef...
RASPONI
Ce n'est pas moi qui vous l'ai dit.
METZLER
Pourquoi vous méfier, Rasponi? Tous nos hommes Le pensent. N'est-ce pas, Ludwig?
Bien sûr. Nous sommes rius de cinq cents tout prêts...
RASPONI
A quoi?
LUDWIG
Je ne sais pas; A tout, sauf à toujours ici marquer le pas.
METZLER
Oui, si quelqu'un osait un coup de violence... Se mettre à notre tête!...
LUDWIG
On le suivrait.