‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableaux. Représenté pour la première fois sur la scène de la Comédie française, le lundi 8 février 1892Chapitre 41 sur 123 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MANETTO

Les Gherardi sont de noble origine, Comme moi, comme les Ventura. J'imagine Que lorsque l'un de nous déclare, en l'affirmant...

GALÉAS

Quoi! sa parole à lui vaut mieux que mon serment,

A cause du blason qui couronne sa porte!

Allons donc! gentilhomme ou bien bourgeois, qu'importe?

En est-on plus honnête et meilleur citoyen?

Il s'agit de sauver llavenne.

MANETTO

Beau moyen I Avilir sa noblesse à coups de calomnie!

GHERARDI

Les Ventura sont bons. J'insiste.

GALÉAS

Je le nie.

Petruccio, dis-leur ce qu'hier, tous les deux, Nous avons vu. Dis-leur ce spectacle hideux, Des jeunes gens, oui, des nobles, faisant ribote Avec un des soudards qui nous ont sous leur botte. Et, parmi les auteurs de ce crime inouï, Dis-leur qui se trouvait.

GHERARDI

Le fils Ventura?

PETRUCCIO

Oui.

GHERARDI

Cela n'a pas vingt ans!

MANETTO

Sans doute il était ivre.

GALÉAS

Vous l'excusez ! Alors, l'exemple est bon à suivre, N'est-ce pas? Et celui de tant d'autres aussi, Qui font IVite à Conrad. Mon des enfants, ceux-ci, Mais des hommes. Osez donc dire le contraire! Ton cousin, Manelto! Gherardi, ton beau-frère! Des nobles, mettant la noblesse à ses genoux,

GHERARDI

Mais est-ce une raison pour nous suspecter, nous?

MANETTO

Crois-tu que les bourgeois sont tous exempts de blâme? Conrad n'a qu'à paraître et le peuple l'acclame.

GALÉAS

Le peuple sait que les nobles nous ont trahis.

MANETTO

Non, ce sont les bourgeois qui perdent le pays.

GALJAS

Vous n'aimez pas le peuple !

MANETTO

Il nous traite en parjures!

TOUS, furieux.

Oui!

STRADÂ, descendant, après les aToir séparés do laToix.

Silence! Est-ce donc pour faire assaut d'injures,

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