ACTE DEUXIÈME
MANETTO
Les Gherardi sont de noble origine, Comme moi, comme les Ventura. J'imagine Que lorsque l'un de nous déclare, en l'affirmant...
GALÉAS
Quoi! sa parole à lui vaut mieux que mon serment,
A cause du blason qui couronne sa porte!
Allons donc! gentilhomme ou bien bourgeois, qu'importe?
En est-on plus honnête et meilleur citoyen?
Il s'agit de sauver llavenne.
MANETTO
Beau moyen I Avilir sa noblesse à coups de calomnie!
GHERARDI
Les Ventura sont bons. J'insiste.
GALÉAS
Je le nie.
Petruccio, dis-leur ce qu'hier, tous les deux, Nous avons vu. Dis-leur ce spectacle hideux, Des jeunes gens, oui, des nobles, faisant ribote Avec un des soudards qui nous ont sous leur botte. Et, parmi les auteurs de ce crime inouï, Dis-leur qui se trouvait.
GHERARDI
Le fils Ventura?
PETRUCCIO
Oui.
GHERARDI
Cela n'a pas vingt ans!
MANETTO
Sans doute il était ivre.
GALÉAS
Vous l'excusez ! Alors, l'exemple est bon à suivre, N'est-ce pas? Et celui de tant d'autres aussi, Qui font IVite à Conrad. Mon des enfants, ceux-ci, Mais des hommes. Osez donc dire le contraire! Ton cousin, Manelto! Gherardi, ton beau-frère! Des nobles, mettant la noblesse à ses genoux,
GHERARDI
Mais est-ce une raison pour nous suspecter, nous?
MANETTO
Crois-tu que les bourgeois sont tous exempts de blâme? Conrad n'a qu'à paraître et le peuple l'acclame.
GALÉAS
Le peuple sait que les nobles nous ont trahis.
MANETTO
Non, ce sont les bourgeois qui perdent le pays.
GALJAS
Vous n'aimez pas le peuple !
MANETTO
Il nous traite en parjures!
TOUS, furieux.
Oui!
STRADÂ, descendant, après les aToir séparés do laToix.
Silence! Est-ce donc pour faire assaut d'injures,