ACTE DEUXIÈME bJ
.Nnn pour vous accorder, que vous êtes ici î 0 Havenne, les fils les meilleurs, les voici. Avant (l'avoir chassé le tyran de la ville, Us sont déjà tout prêts à la guerre civile. Les leçons du passé ne leur ont rien appris. Toujours la même haine et le même mépris l/un pour l'autre! Toujours cette lutte intestine D'où viennent tous les maux de la race latine, Duel fratricide, qui fournit aux étrangers L'enclume et le marteau dont nos fei-s sont forgés.
MANETTO
Mais qu'es-tu donc, toi qui nous parles de la sorte ?
STUADA
Rien par moi-même ; tout, par la foi que j'apporte.
Je ne suis ni bourgeois, ni gentilhomme, non!
Le parti que je sers n'a pas même de nom.
C'est çf lui des petits, des humbles, de la foule.
Le ciel, l'air qu'il respire et le pavé qu'il foule,
H n'a pas d'autres biens. Certes, vous avez mieux ;
Mais en lui chante l'âme obscure des aïeux;
*lais dans sa pauvre chair, toujoui-s lasse et meurtrie.
Fleurit, toujours nouveau, le sang de la patrie.
Et c'est pourquoi ces gens sans titre et sans pouvoir,
Us ont le droit de vous dicter votre devoir;
Et moi qui ne suis rien, mais qui les représente,
C'est pourquoi, flagellant votre œuvre malfaisante.
Je dis que votre poste est par vous déserté
Pour des dissensions où meurt la liberté;
Et c'est pourquoi, bourgeois et nobles, tous en faute.
Vous devez accepter que je parle à voix haute;
Car c'est ma conscience et la vôtre à la fois.
Et le cœur du pays, qui parlent par ma voix.
GALÉAS
Il a raison.
GHERARDI
C'est vrai.
STRADA
Vos intérêts contraires, Vous les ferez valoir plus tard, ô mauvais frères I Mais l'héritage, avant d'en disputer le prix. Arrachez-le d'abord aux voleurs qui l'ont pris; Abjurez pour ce but sacré votre querelle; Ne songez qu'à Ravcnne; oubliez tout pour elle; Ne l'affaiblissez plus en vous désunissant. Et donnez-vous la main, ô lils du même sang I
GALEAS, tendant les bras à Gherardi
Gherardi !
GHERARDI, m<!nie jeu.
Galéas !
(De toutes parts, les nobles et les bourgeois s'embrassent.) STRADA
0 fraternelle étreinte f Pour que la flamme en vous n'en soit jamais éteinte, A ce bûcher d'amour brûlez tous vos vieux droits! Sur l'Évangile ouvert et sur le glaive en croix, Jurcz-le !
TOUS
Oui, nous le jurons!.,.
(Avec entliousiasme.)
Vive Ravenne I