ACTE DEUXIÈME
Non!
RINALDA, stupéfaite, égarée.
Toi! c'est toi f
(Elle se jtjttc sur la poitrine de Gtddo.) GOIDO
Mon âmel
I' la baise'aa front éperdument.)
Kt moi, moi, malheureux, qui la jugeais infâme!
Non, vois-tu, non, c'est faux. Je doutais seulement.
C'rst pourquoi, profanant un divin sacrement,
Sous ce froc, j'osais.... Ah! pardon!.... Moi, douter d'eJXe!
>I >i, penser que ton cœur pouvait m'être infidèle!
i'>n cœur, dont j'avais eu le premier battement!
Ton cœur qui m'avait dit : Je t'aime!
RINALDA
Oh! longuement Parle encor, mon Guido, parle. Sous les paroles Le printemps de mon cœur a rouvert ses corolles. 11 me semble être au jour de nos lointains aveux. Quand ton souflle embaumé caressait mes cheveux, ijuand je posais mon front sur ta poitrine en fièvres, •Juand ton baiser...
CGIDO, te penchant pour lui baiser la bouche.
•Mon cher amour!
RINALDA, s'écartant d'on bond.
Non, pas mes lèvres !
Horreur!
GUIDO
Ma Rinaldal
RINALDA
L'autre. Ha!
(Elle s'essuie la bouche avec dégoût.)
J'appartiens A cet autre, à lui!... Va, tu dois me tuer. Tiens, Frappe.
(Elle court à lui.)
GUI DO, effaré,
Rinalda!
RINALDA
Non, tu n'as pas ce courage!
(A Strada, puis à Galéas.)
Mais toi, mais toi! V^ous deux! Achevez votre ouvrage. Pourquoi le laissez-vous lâchement à moitié? Tuez-moi, tuez-moi, tuez-moi, par pitié!
(Elle se laisse choir, à gauche, agenouillée, la tëto sur un escabeau comme sur un billot.)
Pauvre femme!
Oh!
BIANCA, pleurant.
GUI DO, sanglotant.
STRADA
Debout, martyre que j'envie!
Vous n'avez pas le droit de déserter la vie. Debout! Car c'est à vous qu'on doit dire en effet : Achevez votre ouvrage, ou vous n'aurez rien fait.
RINALDA, toujours à genoux.
Quoi? Que dit-il? J'ai peur. Par quel nouveau supplice...?
STRADA
Je dis que chez Conrad il nous faut un complice. Au poste de combat que vous avez choisi On a besoin de vous encor. Retournez-yl