ACTE DEUXIÈME
RINALDÂ, dressée, affolée.
Sloi, là-bas! Jamais plus! Non! La mort, tout au monde. Tout! Oh! mais pas cela! Pas ce martyre immonde!... Cuido, tu ne dis rien?... Parle, et je t'obéis. Ce n'est pas toi qui veux cela?
Au momeut où Guido va parler, Strada se Jelte sur lai, lui coupe la parole et. avec un geste imposant, répond pour lui.)
STR.\DA
C'est le pays.
(Riiialdale regarde, subjuguée.
Ah! le pays!...
GUIDO, se révoltant.
RINALDA
Guido, tais-toi! Pas de blasphème!
Oui, j'ai compris. L'homme a raison. Comprends toi-même.- Oui, mon poste est là-bas. C'est moi qui le dis, moi!
STUADA
Bien!... Allez!
(A. Galéas et à Bianea.)
Vous, qu'on la reconduise!...
(fiisalda sort lentement, saluée dévotieuscmenl pur Strada, suivie par Cinnca et Galéas, tandis que Guido la regarde, immobile.)
SCÈ.NE YI STRAD.\, GUIDO
(Strada se retourne vers Guido pour lui serrer la inain.) GUIDO, bouillonnant, à voix grondante.
Ah çà! loi.
Je l'ai laissé parler et commander en maître; Mais quel crime viens-tu de me faire commettre!
Je ne sais quel pouvoir dans ton geste et tes yeux .
M'a cloué là, comme un enfant, silencieux;
il me semblait fléchir sous la voix de moai père...
Mais cela ne peut pas durer longtemps, j'espère!
Sans se plaindre, la sainte, elle rentre là-bas;
Mais c'est pour un instant seulement, n'est-ce pas?
Nous allons entamer ce soir même la lutte,
Dis? Je veux l'arracher aux bras de cette brute
Tout de suite. Je veux la bataille aujourd'hui,
Et qu'elle ne soit pas un jour de plus à lui.
STRADA, froid.
11 faut attendre encor. t
GUIDO
Tu dis?
STRADA, très net, et ferme.
Que nous ne sommes Pas prêts, que nous avons, pour décider nos hommes, Un gage à leur fournir, sans quoi tout est perdu, Tout, tu m'entends bien.
GUIDO, éclatant, et de plus en plus ivre do fureur, jusqu'à la fin de l'acte.
Ah! je t'ai trop entendu!
N'est-ce pas grâce à toi, conseiller exécrable, Que j'ai failli tuer cette femme adorable Dont tu me fis douter bassement, lâchement?
STRAD.\, d'une voit qui tâche à le dompt«r.
Ne parle plus de ton rêve qui ment, De ces chimères dont ta démence s'enivre! Assez! Tu n'es qu'un fou.