SCÈNE IX STR.\D.V, RIN.\LD
RINALDA
Messire, expliquez-moi, du moins...
96 PAR LE GM^Ya,
STRADA
Je vais vous expliquer, madame. Soyez brave. Oue l'amour du pays dans votre âme se grave Kii traits de feu; que vos regards se fixent là; Ne songez qu'à cela; ne voyez que cela; Kl présentez au coup dont ma main vous écrase Un cœur tout abîmé dans une sainte extase.
RINALDA
Oh! vous m'épouvantez. A quel nouveau tourment?...
STRADA
Souvenez-vous de vos paroles simplement.
L'aube, dont mes discours vous ont ouvert la porte,
Vous éclairait, et vous disiez : c Je serai forte.
Oh! que ne puis-je aussi des avenirs rêvés
Hâter l'avènemenl! »... Eh bien! vous le pouvez.
Aux bourgeois marchandeurs donner la garantie
Qu'ils exigent d'abord pour risquer la partie,
Forcer la main d'un coup même aux plus hésitants.
Changer le peuple entier des gueux en combattants,
Faire ainsi réussir l'œuvre, et, l'œuvre hnie,
Établir à jamais la paix et l'harmonie.
Cet espoir d'aujourd'hui, ce rêve de demain,
C'est vous qui tenez tout, oui, tout, dans votre main.
RINALDA, passant devant lui, titubante, et luttant contre la possession à laquelle elle se sent en proie.
Oh! je tremble. Je sens à des souffles funèbres Mon esprit chancelant rouler dans les ténèbres. Où donc m'entraînez-vous de ce sinistre pas? le me perds; tout est noir; et je ne comprends pas. Cet avenir, Guido, Bianca, pour quel problème Les mêlez-vous?