SCÈNE II GALÉAS, PETRUCCIO
GALÉAS
Lâches! Lâches!... Des fils de nobles!... Je devrais...
PETRUCCIO
Ce n'est point lâcheté, Galéas; c'est prudence.
(Par la fenêtre ourerte on culend la guitare et le tambour de basque jouer une danse.)
GALÉAS
Non; lâches, et joyeux! Écoute. Un air de danse Maintenant! 0 Ravenne, ô malheureux pays! Tout est perdu, si toi, jeunesse, tu trahis.
(11 s'est approché do la fenètro pour dire ces dorniersmols ; on la lui referme au nez, en riant, et le bruit de la musique ae continue qu'en sourdine, à peine entendu.)
PETRUCCIO
Ravenne hait Conrad.
GALÉAS
Non pas, puisqu'il respire.
PETRDCCIO
Patience !
GALÉAS
Non, non. Tout va de mal en pire.
Hélas! De nos espoirs, pas un ne nous resta. L'héritier de nos ducs, Guido da Pollenta, 11 est mort!
PETRUCCIO
Oui, voilà cinq ans. J'étais à Rome; J'allais en repartir le soir même. Pauvre homme!