‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableaux. Représenté pour la première fois sur la scène de la Comédie française, le lundi 8 février 1892Chapitre 87 sur 123 · ACTE QUATUiÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATUiÈME

Malgré les ouragans dont noire vie est pleine, r.onime j'entends tout bas palpiter ton haleine V travers le fracas du torrent nienai;ant •Jui sous cette fenêtre écume en rugissant"? Oui, l'avenir est noir! Mais, les paupières closes, l»u passé radieux cueillons les jeunes roses!

(Elle s'assied.)

-Nos devoirs, nos terreurs, demain, quand tu voudras,

I 11 «'assied auprès d'elle.)

Nous en reparlerons. Mais, ce soir, dans mes bras •le veux te retenir comme autrefois, tremblante. Te dire des mots doux, d'une voix basse^t lente, Sentir mon souffle errer dans tes cheveux soyeux, Kt respirer le tien, et baiser tes grands yeux <Jue je ne verrai plus peut-être el que j'adore.

' (11 la baise sur les ;eui.) RINALDA

Mu 11 courage se fond. Ta flamme le dévore. Laisse-moi m'éloigner. Laisse.

(Elle 8e lève.) G U 1 0 0 , asiiis, lai tenant la taille embrassée.

Non, reste là.

Demain tu seras forte.

RINALDA

Oui, demain, c'est cela.

Tu m'entendras, demain. .Mais aujourd'hui, je pleure; Je ne peux plus. Ta voix me brise. Tout à l'heure Tes baisers sur mes yeux ont mis comme un bandeau, .le suis dans l'ombre. Tout s'évanouit. Guido, Je t'aime.

'.Elle tombe éperdue auprès de lui, sur le banc.) GUIDO

Oui, chante aussi, chante l'épithalame, Ma Rinalda, mon bien, mon amante,

(Il lui baise les lèvi-es, puis se redressant brusquement.

Ma femme!

I\ I \ A L D A , se dégageant plus brusquement encore.

Dieu! qu'as-tu dit? Ce mot m'a frappée en plein cœur.

(lieilesci'ii<l;iiil ù ravaiil-scéue avec un grand cri d'Iiorreur.)

Ta le m me! Ah!

Oui, demain, quand je serai vainqueur.

niXALDA

Qu'ai-je fait? Et ma lâche!... 0 folle! 0 criminelle! La llamme où je m'oublie est la flamme éternelle. J'ai manqué de parole au sacrifice.

G u I D G , la reprenant dans ses bras.

.\ssez De sacrifice! Va, ces jours-là sont passés. Ne te reproche rien. Que ta vertu se calme! Ton martyre a le droit de cueillir cetle palme.

Il I N A L D .\ , se déballant aux bras de Cuido el efîaréo.

Oh ! non ! non ! J'ai commis un crime, je le sens. Je sens autour de nous des anges menaçants. Oue leurs glaives soient pour moi seule!

GUIDO

0 chère femme!

RINALDA, désignant la grsnd'porle de gauche.

Lcoule!... On vient à pas précipités...

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