‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableaux. Représenté pour la première fois sur la scène de la Comédie française, le lundi 8 février 1892Chapitre 91 sur 123 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

RASPONI Ah!

(En chancelant il va rouler près de la porte de roraU>ire«

Conrad va, vous aussi, Vous tuer!... Heu!

(Il meurt et s'aflaUse contre la porte.)

Mort?

GUI DO, après être allé se pencher sur le cadavre.

Oui.

RINALDA ^^

Que faire? Fuir d'ici, C'est impossible. Tout est rempli de sa garde.

GUI DO, allant à la porte de droite.

Me poster là. Conrad entre. Je le poignarde.

RINALDA

Il est bardé de fer.

GUIDO

Le mien est acéré.

RINALDA

Il n'entrera pas seul. Tu serais massacré. Réserve ton poignard pour ressource dernière. Mais, avant, laisse-moi combattre ; à ma manière.

GUIDO

Comment?

RINALDA

Gagner du temps ! Il faut gagner du temps ! Te sachant en péril ici, nos combattants

Seront forcés d'agir demain, coûte que coûte. Jusque-là, c'est à moi de te garder. Écoute ! Mon oratoire n'a que cette porte-ci.

Pas d'autre issue! Et j'ai la clef, seule. Entres-y.

GUIDO, montrant le corps de Rasponi.

Soit! Mais l'espoir est fou. Ce cadavre de traître, Il nous dénoncera, lui.

RINALDA '

Fais-le disparaître Dans l'oratoire aussi. Va, va vite !

GUIDO

En effet.

(Il trnfno le cad;ivre de Rasponi dans l'oratoire)

RINALDA, courant à la porte ilo droite, et écoutant, l'oreille à la serrure.

Ilâte-toi ! J'entends... Non. Je me trompe.

(Elle revient vers l'oratoire.) GUIDO, reparaissant au gouil de l'oratoire.

C'est fait.

RINA LDA

Et maintenant, risquons l'effroyable aventure.

Enferme-toi vivant dans cette sépulture.

Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, n'en bouge point.

Souviens-toi bien que tout se résume en un point :

Gagner du temps! Par tous les moyens!... Quels? N'importe.

Et lorsque tu verras se. rouvrir cette porte.

C'est que par nos amis Conrad sera vaincu.

Ou sinon, alors tue et meurs. J'aurai vécu.

Ma II inaida !

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