‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableaux. Représenté pour la première fois sur la scène de la Comédie française, le lundi 8 février 1892Chapitre 97 sur 123 · ACTE QCATIUÈME · texte numérisé non relu

ACTE QCATIUÈME

RINALDA

Mais quel homme est venu \vec toi? Parle, parle. Il faut qu'il soit connu, 'let homme, n'est-ce pas, c'est ton père?

BIANCA

Oui, mon père.

Nous espérions tuer le loup dans son repaire. Vain espoir! Par bonheur, mon père s'est enfui. Mais j'étais sa complice, et je pairai pour lui.

CONRAD

Allons, explique mieux...

BIANCA, cherchant d'abord ses mots, puis peu à peu «'exaltant.

Que veux-tu qu'on t'explique, Monstre, et ne sais-tu pas que la haine publique Des forfaits d'un tyran fait son sol coutumier Et que sa rouge fleur jaillit de ce fumier? Oue te faut-il encor pour te rendre plus claires Nos conjurations, nos rancœurs, nos colères? A la gorge, bandit, au cou de celle-là Oui sans vergogne à ton char de mort s'attela, N'est-il pas naturel que saule la vengeance? Et si ton Rasponi nous fut d'intelligence, Dois-tu donc t'ébahir que ce traître à genoux Soit un Judas pour toi, puisqu'il le fut pour nous? Va, va, la seule chose ici d'inexplicable, C'est l'injuste rigueur dont le ciel nous accable En retardant le jour où sous nos fers levés Tout ton sang répandu lavera nos pavés.

CONRAD, les bras croisés, calme eo apparence.

Après?

BIANCA

Je n'ai plus rien à dire, rien.

CONRAD, lamoniiçanl.

0 ragel

RIN.VLDA, se jetant entre elle et lui.

Laissez! Votre colèce excite son courage.

(Coiiiiiic piisc ii'iiiio iilOo suhilc.)

liemain, à la toclure! Oui, demain, c'est cela! Demain, nous la ferons s'expliquer. Jusque-là, Ou'on la garde en prison !

(Avec une explosion de fureur.) «

.\h ! je serai vengée !

(Poussant Cianca vers la grand'poi'tc de gauclic, {-t la jutant presque parmi les gardes, avec violence et précipitation.)

Allez! Emmenez-la!

(Sortent Dianca et quatre gardes.) (A Conrad.)

Vous me trouvez changée, Moi, si bonne? Ah! trop bonne envers ces exaltés!.. Mais, renvoyez vos gens.

C 0 N R .\ D , à Toii grondante.

Non! En vain vous mentez.

Vos regards inquiets trahissent votre histoire.

(Du premier plan à droite, où il est. il se dirige à pas lents et en droite ligne vers la porto do Toratoire, où il vient poser le doigt en disant le dqi'tiicr mot du rers s.iivant.i

L'homme est ici, pour sûr, ici, dans l'oratoire.

(Se rctouriKUil vers Rinalda.)

La clef de cette porte! Allons, vite, donnez.

RINALDA, résolument.

rs'on, monseigneur.

CONRAD, avec un haul-le-corps.

Ilcin?

RINALDA

Vos outrages forcenés.

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