‹ Paraboles de Sendabar sur les ruses des femmesChapitre 1 sur 21 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

SENDABAR LE SAGE,

Sendabar ou Sandebar^ surnommé le Sage S est célèbre dans la littérature hébraïque ; deux ouvrages des plus curieux , le livre de Cdlila et Dimna ^ et le Livre des Paraboles % portent son nom.

Ce nom , à une légère altération près , est celui de Sindebad , philosophe indien , contemporain du roi Gourou 9 dont parle Massoudi dans son Moroudj^al-Zeheb *. Cet ancien historien

*n3nKD'»Dn nKmao.Voyeziafinde'iîonao "«Ve^o

éditions de Constantinople et de Venise.

^M. Sihestre de Sacy, dans le Recueil des NoUces

arabe nous apprend que le personnage en question est auteur d'un ouvrage qu'on appelle le lÂvre de Sindebad. C'est probablement le Ketab'Sindebad \ cité par les auteurs arabes, ou le Sindebad-Nameh ^^ dont les bibliographes persans font mention.

Suivant Hamza d'Ispahan % le Livre de Sindebad a été composé au temps des princes arsacides; l'auteur de Hodjemel-al-Tewarekhj manuscrit persan de la Bibliothèque nationale ^, dit la même chose. Cet ouvrage , au reste , ne doit pas être confondu avec un autre qui porte le môme titre ; le premier est un livre renfer-

it Extraits, tome IX, page 404, nous a donné le texte de ce passage.

'Edition de Saint-Pétersbourg, page 41..

♦ Manuscrits persans , n? LXII , fol. 61 , recto. Comparez Langlès , les Voyages de Sind-Bâd le Marin, édition in-12 , page 139; Loiseleur Deslongcliamps , Essai sur les Fables Indiennes, page 81.

mant rhistoire d'un roi, de ses sept vizirs, de la reine, du fils du roi et de son précepteur; le second , un récit de voyages romanesques, fait par un certain Sinijiehad, qui était censé vivre du temps du khalife Haroun-al-Raschid.

D'un autre côté , la relation de Sindebad est connue, soit en arabe % soit en persan, tandis que le livre de Sindebad n'existe plus dans ces deux langues : on a seulement des traductions hébraïque et grecque.

Cette dernière version porte le titre de 5t/n* Hpas ' , ce qui fait voir que notre philosophe indien , connu chez les Persans et les Arabes sous le nom de Sindebad, et chez les Hébreux

^ Le texte arabe qui a été publié par M. Langlès in-4<' et in-12, et qui se trouye dans l'édition des Mille et une Nuit de Calcutta , renferme des données géographiques plus éteniues que le texte imprimé à Breslau et au Caire. Comparez M. Reinaud, Relation des Voyages faits par les Arabes et les Persans dans l'Inde et à la Chin« , tome I , page glxxyii.

2 IvvTtTraç.

sous celui de Sendabar, est nommé chez les Grecs Syntipas. Tous ces noms paraissent être altérés ; du moins on ne trouve pas leur texte primitif sanscrit. Quelques savants ont cru reconnattre dans le nom de Sindebad une origine persane *, et M. de Hammer va jusqu'à prétendre que le livre de Sindebad tout entier a été composé primitivement en persan \

Quoi qu'il en soit de ces conjectures, ce livre des Paraboles peut se glorifier d'une des plus heureuses destinées qu'aucun ouvrage ait jamais obtenues , comme nous le verrons plus loin , si ce n'est le livre de Calila et Dimna.

La question qui regarde l'origine et les métamorphoses de ce dernier ouvrage pourrait faire le sujet d'une ample dissertation , et plu-

t Voyez les Voyagea de Sind-Bâd te Marin , pai Langlès , édit. in'12, page 136 et 137.

2 Wwn&r Jàhrhiicher, tome XC, page 67. Comparez Dyocletianus Lehen von Hans von Bûhl , herausgegeben Yon A. Keller^ page 8.

siears savants ont traité cette matière. Elle a été éclaircie par divers auteurs anglais , français et allemands. Mais un de ceux qui l'ont le mieux examinée, c'est M. Silvestre de Sacy, dans plusieurs savantes notices insérées dans le Recueil de notices et extraits des manmcrits % et dans le Mémoire historique placé à la tête de son édition arabe de CalUa et Dimna '\

Ceux qui ont écrit depuis ont presque tous suivi et copié l'illustre orientaliste, ajoutant seulement diverses versions ou imitations modernes, qu'il ne jugea pas à propos de faire connaître. Il y avait pourtant quelque chose à ajouter et quelque chose à rectifier dans les recherches importantes de M. de Sacy. Mais avant de faire connaître ces remarques , il est néces* saire de faire observer que ce n'est que dans la traduction hébraïque, et dans celles qui en dérivent , que notre livre est attribué à Senda^

Tomes , IX et X.

'Paris, 1816, in-4.

bar. Suivant le texte sanscrit S l'auteur se nomme Vichnou-Sarma; selon celui de l'arabe « et du persan ', il s'appelle Bidpaï ou PUpay, Comment ce nom de notre philosophe se trouvet-il ainsi métamorphosé ? C'est assez difficile à expliquer. Ce qui est certain , c'est que dans tous les ouvrages connus sous ces différents noms d'auteur, à travers des changements et

* Voyez ci-après, page 11 , note '•

2 Cahla et Dirma^ ou Fables de Bidpaï, en arabe, par Ebn-al-MokafTa , édition de Silvestre de Sacy , in-i.

* Anumri-^hculi , ou les Etoiles de Canope, en persan, par Hosin Yaez Kachefi , édit. litbograph. de Calcutta , 1249 ( 1833) , in-8. L'œuvre de Yaez Kachefi a produit le Livre des lumières , on la Conduite des rois , composé par le sage Pilpay , Indien , traduit en français par David Sahîd , d'Ispahan , ville capitale de Perse. Paris , Siméon Pigel , 1644 , petit in-8. Cette traduction no contient que quatre chapitres sur quatorze. Mais il fut entièrement traduit en français d'après la version turque , intitulée : Homayoun-Nameh , sous le titre de Contes et Fables indiennes de Pidpay, etc. Paris, 177B, 3 vol,

in-12.

des additions y oa découvre leur ressemblance et leur conformité.

C'est toujours un sage indien, qu'il se nomme Sendabar, Bidpaî ou Vichnou-Sarma , qui , sous le voile de l'allégorie , composa un traité ingénieux plein de morale et de sagesse. Ce traité , connu en sanscrit sous le titre de Pantchortantra^ (les cinq Sections), fut accueilli

* Le texte n'a jamais été imprimé^ mais il en circule des copies dans Tlnde. Comparez Analytical a/xount of ih» Panchor-tantra , Ulustrated with occaMonal translations by H, 'H. Wilson dans le premier yolame des Transactions de la Société asiatique de Londres^ Une traduction française assez libre du Panchortantra a été publiée sous le titre de : Le Panchûr-tantra , ou les cinq Ruses , fables du brahme VichnouSarma ; aA)entures de Paramarta, et autres contes ; le tout traduit pour la première fois sur les originaux indiens par M. VdbbéJ, A. Dtibois, ci-devant missionnaire dans leMeissor, etc. Paris, 1826, in-8^ Il existe aussi en sanscrit des imitations ou abrégés du Pancba-tantra , parmi lesquels je ne cite que VHitopadésa , ou Instruc** tien salutaire , plusieurs fois imprimé, et traduit en anglais par Charles Wilkins et William Jones. La pr&r

avec empressement et respectdans toutel'Inde, et sa renommée passa bientôt de là en Perse.

11 y fut traduit en langue pehlvie dans la première moitié du VP siècle de Tère vulgaire.

Ce fut Khosrou-Nourchirvan , le fameux roi de Perse , qui envoya exprès dans l'Inde un médecin» nommé Barzouyeh, à la recherche du recueil du philosophe indien. Barzouyeh se procura l'ouvrage primitif, et le traduisit en pehlvi, l'ancien langage de Perse ^ Comme celte version est perdue aujourd'hui » on ignore quel titre elle portait.

mière yersîon a servi de texte à Langlèsdans sa tradaction française du premier chapitre de l'Hiiopadésa , qu'il a publiée sous le titre de Fables et Contes indiens. Paris , 1790,in-18.

^ Calila et Dimna , ou Fables de Bidpaï , en arabe , chapitre de la mission de Barzouyeh dans VInde, Comparez pages 2 et suiy. du Mémoire historique de M. SiWestre deSacy; Saint-Martin, art. K/io^rou , dans la Biographie universelle, et Loiseleur-Deslongchamps, Essai sur les For blés indiennes , page 9.

Un Persan nommé Rouzbeh, plus connu sous le nom d'Âbd-ÀlIab , fils d'ÂlmoeafFa, fit, vers l'an 767 de Tëre vulgaire , une traduction arabe par l'ordre d'Âlmansor, second khalife abbasside , sur le texte pehlvi ^ . Il donna à sa traduction le titre de CalUa et Dimna y et c'est sous ce nom que les fables indiennes devinrent populaires dans toute l'Asie.

Elles pénétrèrent dans les écoles juives de Babylone dès le X* siècle de l'ère vulgaire.

Voici en quelles termes s'exprime à ce sujet un illustre chef de l'école de Poumbadita, R. Hai Gaon % en réponse à une demande qui lui avait été adressée à l'égard des fables de Rabbi Méir» citées dans le Talmud :

^ Silvestre de Sacy , Mémoire historique , pages 9 et 10 ; Loiselear-Deslongscbamps , Essai sur les Fables indiennés , page 12.

* D"^i"IKan tiW 1DD> é*^i^i®° ^^ Salonîque 572(1812), in-fol. n<* 13. Voyez, sar ceUe carieuse et ancienne collection, ma notice dans les Israelitische Annakn, de 1840, page 304.

jeaDni «^^^d «npaiî; ï^nin ?iî; ans

C'est-à-dire :

(( Sachez que ces fables contiennent des mo- )> ralités et des instructions mises dans la boih » che des animaux , comme le livre de ïlnde^ ji appelé CalUa et Dimna^ qui renferme des » moralités , des paroles de sagesse et d'élo-^ • quenoe , Id tout en fables où figurent des 1» animaux. »

Suivant le témoignage d'Àben Esra, dans la préface de sa version hébraïque des tables ias^ tronomiques d'Âlmatani % un savant israélite ,

nommé Jacob ben Scheara. aussi versé dans la

langue indienne que dans l'arabe , fut chargé,

< Cet ouvrage de Fillastre savant de Tolède n'a pas encore été imprimé ; mais on le conserve en manuscril à1a bibliothèque de J.-B. de Rossi , à Parme.

par un roi Âlzaface , de traduire de l'indieû eo arabe le Livre de CalUa et Dimna. Plus tard ce même prince l'envoya aux contrées situées sous l'équateur, pour acheter et traduire des livres d'astronomie. J.-B. deRossi, dans le Catalogue de ses manuscrits hébreux ' et dans son Dictionnaire historique des auteurs hébreux % parle de cette traduction et de son au^ tenr. Voici le passage de ce dernier ouvrage : « Giacobbe figlio di Scearà. Era peritissimo nelle due lingue indiana ed araba, e il re Âlzaface si servi di lui per far tradurre dalla prima Dclla seconda il célèbre libre indiano Chelilà e Dmha, Lime epecora, il quale sotto varie parabole conteneva degU ottimi consigli per l'amministrazione di un regno. Quésto re lo mandô in seguito ne' paési che sono sotto la linea dell'equatore, e nùovamente lo impiegô nel!a traduzione délie Tavole astronomiche , le

* Mss. codices hehraici, tome 1 , page 137 et suiy.

2 Dizionario storico degli autori Ebrei, vol. I, page l'35.

quali si erano avute dalla bocca o dell' istruzione di Ghanacà S sapiente indiano.Queste no« tizie , che sono per noi totalmente nuove , le dà Aben Esra nella prefazione aile Tavole astronomiche dell' Almatani da lui tradotte , le quali si coDservano mss. in questo mio gabinetto. V.

in Gatalogo de* miei mss. al cod. 212. »

Voilà donc une traduction arabe du livre de Calila et Dimna échappée aux recherches de M. Silvestre de Sacy , traduction qui ne fut pas faite d'après la version pehlvitique , mais directement d'après l'original sanscrit.

Cette traduction arabe de Jacob, fils de Scbeara, parait être, au reste, postérieure à la version arabe d'Abd- Allah, fils d'AlmocafFa ; elle est peut-être celle qui a servi de texte à la version hébraïque.

Cette dernière traduction , est certainement une des productions les plus curieuses de la

* Voy. Appendice , n» 1.

littérature hébraïque au moyen ftge ; c'est sur elle que Jean de Gapoue composa, entre 1262 et 1278, une version latine, sous le titre de Guide de la vie humaine j ou Paraboles des an^ ciens Sages ^

Ni Jean de Gapoue, ni aucun autre écrivain juif qui parlent de cette version hébraïque , ne nous font connaître le nom de l'auteur. Mais le Florentin Doni ^ l'attribue à un certain Rabbi Joël. Qu'il me soit permis de relever, à Tocca^ sion de ce nom de rabbin , une inadvertance singulière de M. Silvestre de Sacy. En parlant de la traduction de Calila et Diitana du Rabbi Joël , il dit ce qui suit '.

«c Je ne connais aucune autre autorité que )) celle de Doni pour attribuer la version hé-*

' Direetorium humane vite àliaa parabole antiquorum eapientum. Petit in-fol. gothique , avec figures en bois , sans date ni lieu d'impression.

2 La fdoeofia moraie del Doni. In Yenetia, 1606, p. 1.

* Notices et extraite des manuscrits, tome IX, p. 402.

I» braique du livre de Galila a un rabbin nom- » mé Joâ. Wolf y qui fait mention de ce rabbin » Jael en deux.endroits de sa BiUkthecfk He^ 1» brœa\ n'en parle que eomme d^un persop- » nage inconnu : it. Joel^ nescio quis^ cui p^r- » 9io Hebraica libri-fabukms Indorum Kélila » et Dimna tribuitur. D. Rodriguez de Castro ^ » n'en parle que d'après Wolf , et n'ajoute » rien à ce qu'en avait dit celui-cié M. J. B« de D Rossi n'en fait aucunç mention dans son » Dmionario storico degli autari Ebrei. »

Le savant orientaliste a probablement cherché à la lettre J du Dhaionario storico de J. B. de Rossi, où en effet il n'en est pas fait men^ tion ; mais comme ce Dictionnaire historique est un ouvrage italien , il aurait fallu chercher à la lettre G, où il aurait trouvé, page 136^ l'article que voici :

ff Gioele^ ebreo d'incerta età. Tradusse

1 BibUoUi. héb. , tome III , page 360, n» 801. ^ BibUot. espafi. , tome I , page 636.

deirarabo in ebraico i Prùverbj di Sendabar i célèbre filosofo indiano, i quali mostranô quai sia la scaltrezza deUe doime^ e corne per opra di sette consiglieri del re dell' India iln suô figlia iaico fu liberato da morteé Più edizioni Y'hanno

di questa traduzioae, délie quali la prima e la più rara e certamente quella di GPoli del 1 516 , che ho tra le mani e di cai pairlo nella Contmuor %ione dd mm Ànnalié Ne conservo anche in questomio gabinetto tre codici mss., che sono alquanto più estesi e divers! dallo istampato. Veggasi il mio Gatalogo ragionato al codice 1087. n

Cet article» au reste, prouve que le docte de Bossi confondait le livre de Calila et Dimna^ le seul ouvrage dont la traduction hébraïque est attribuée à Babbi Joël , avec les Paraboles de Sendabar, dont on ignore entièrement le nom du traducteur. Cette erreur, commune à plusieurs autres savants, provient, sans doute, de ce que la traduction hébraïque du Livre de Calila et

Dimna n'a jamais été imprimée, et que les manuscrits sont fort rares. Od ne connatt dans toute l'Europe qu'un seul exemplaire, eoQservé à la Bibliothèque nationale. M. de Saey Ta fût connaître dans une notice fort curieuse ^ .

L'époque de cette version hébraïque est incertaine ; le style indique le XIIP siècle. Si nous trouvons que des ouvrages hébreux du onzième et du douzième siècle lui ont déjà foit de nombreux emprunts, tels que le Sefer Ben Sira *, et le Misehlé Sehaoulim % ils l'ont

^ Notices et eaUraits des manuscrits , tome IX.

' Par exemple , la lable da corbeau , qui, admirant la démarche du pigeon , se mit à l'imiter, et , sans Jamais partenir à suivre celle de son modèle , finit par oublier la sienne ( Ben Sira^ feuillet 11 recto), est Papologue du Corbeau et de la Perdrix de Calila et Dimna ; le renard conduit sur le dos d'un poisson au milieu de la mer, et qui échappe au plus grand danger en faisant accroire à son ennemi qu'il a oublié son cœur. {Und, fcuiUeU 12 et 13), est l'histoire du Singe et de la TortM du même livre , etc.

* Voyez Berachia hen NitronaÂ\ fabuliste du XII' siède,

fait platôt d'après la version arabe ' que

d'après la version hébraïqae.

Mais dès le commencement du Xm* siècle

la traduction hébraïque était répandue dans les

écoles juives de France.

Un rabbin français qui a écrit de 1210 à

1220 un recueil de fables dont quelques unes

ont été publiées sous le titre de Fables d'Ë-

sope^, ainsi que les auteurs des Nouvelles frarir- (^19^^^, citent plusieurs apologues lires de cette composition. Il en fut do méme.à cette époque de la traduction hébraïque de ,CaIila. et Dimna dans les écoles israélites d'Italie , où Jean de

Gapoue la traduisit de l'hébreu en latin ^.

par E. Carmoly. Bruxelles, 1848 , in-4<* , page 4, 6 et 8.

^ L'auteur du livre de Ben Sira , feuillet 7 yerso , explique un Terset hébreu en arabe ; ailleurs il pite des sentences arabes. Pour le Mischlé Scbaoulim , Toyex Appendice n<* 2.

2 >û>Dlî>N nn^n . Voyez Appendice , n» 3.

•nBIX '»tî^1Tn . Voyez Appendice, n« 4.

^ Comparez plus haut , page 17.

ka commencement du XIY* siècle, le savant Kalonymos, fils de Kaloaymos, dans la préface de sa Lettre de^ Animaux % qui est une version hébraïque de l'un des Traités qui composent le recueil arabe intitulé Traités des frères de la pureté %: cherche à Jeter de la; défsveur sur le livre de Calila et Dimna. Voici ce qu'il dit dans, celte pré£sM$e, x^mpoftée en Tan 5076

de la création, 13i6 de l'ér^. ordinaire ?• .

'<b^m KiDm kV^^^ nbbfîDD inn^

' D^in "h^J nSSK, édition de Mantoue, 15S&, et non 1557 /petit iit-8i

^ ResaXl ikhwan alSafà, publié sous le titre : If^toca^oossuffa, in the origMaHràbièiCklcnAi , 1812 , in-èà

* Feuillet 2 verso de rédlUon de Mantoue.

C'est-à-dire :

a Mais comme il pourrait arriver qa*un n homme d'un esprit saperficiel et dénué de f discerBemeiit ne fût pas de cet avis; qu'un ^ lomme dépourvu de jugement s'imaginât » même que ce livre est dans le même genre » qae celui du lÀure de CaUlà et Dimna, des » Paraboles de Sendahar^ de Hariri ^ et autres )> semblables : à Dieu ne plaise ! il n'a rien de » commun avec eu?L ni avec leurs espèces.

» Mais son but est de nous dcmner bien des m avis consolants, bien des moralités et des » secrets profonds, qui y sont répandus et dis- » séminés et qui ne peuvent être sentis des » sages eux-mêmes par une seule lecture. »

Ce jugement sur le livre dèCalila et Dhnna, si différent dé celui qu^en à riofté rillustre R^

^ "^"V^nn, Dans la réimpression de Francfort, feuillet 2 recto, il y a mie faate d'impression, *1***1D , an lien de

Haïs ne parait pas avoir eu une très grande înQuence sur les destinées de cet ouvrage important. Les hébraisants continuèreni à le lire pendant les XV^ et XVP siècles. Abraham Bibago et Joiseph Ebn Bolat , entre autres , en font mention. Le premier, qui écrivit en 1480, cite notamment la version hébraïque ^ ; le second, qui vivait en 1510, nomme, dans son curieux traité d'études ', parmi les recueils d'apologues et paraboles , les Apologues de CàlUa et Dimna, et les Paraboles de Sendabar ^

Ce dernier ouvrage , pour en revenir à lui, renferme , comme nous l'avons vu plus haut ', l'histoire d'un roi , de ses conseillers et d'une

* Comparez plus haut , page 13.

2 Voyez n^lDK y^li édition de Constantinople , page

47: Niom K^>^D xnpin "liiicrVa orn «xDin noon. • "^310 nycrn ^y ^'»pD md^ mcr-in hx nxp bb^

D^IIDV , de rédition unique de Constantinople , sans date, in-4, feuillet 17 verso.

* L'auteur écrit O'^nniD , au lieu IK^liD .

* Page 7.

reine. Celte reine est une belle-mère, vainement amoureuse d'un fils du roi son époux ; elle accuse le prince auprès du monarque , à peu [Nrës comme Phèdre accuse Hippolyte. Le monarque trompé condamne son fils, mais du* rant une semaine le jugement demeure suspendu. Chaque jour un des sept conseillers voués à l'éducation du jeune prince fait au monarque un récit qui a pour but de lui inspirer quelque défiance des femmes, et la reine y répond chaque jour par un récit qui doit produire un effet contraire ; enfin le jeune prince démontre son innocence, et la reine est condamnée. Mais le jeune prince demande et obtient la grâce de la coupable.

Telle est l'action de ce roman dans la composition hébraïque. Je dis dans la composition hébraïque , parce que dans la rédaction grecque la reine fut condamnée à être placée sur

un âne , le visage tourné vers la broupière , et d'être promenée ainsi par la ville, la tète rasée.

L'époque de la rédaction de ces deux rbmaps. est inconnue , ainsi que le nom de l'auteur de la composition hébraiqqe ; mais celui de la compoffltioD grecque est un certain Andréopule , qui déclare l'avoir traduit du syria* que. Ce texte syriaque a eu^le même sort que les textes persan et arabe '•

Les Paraboles de Sendabar en hébreu sont assez conformes au livre de Syntipas grec , et les deux romans parurent avoir eu pour modèle le même original, c'est-à-dire le syriaque.

Si quelques noms propres dans la composition hébraïque sont d'origine arabe ^ ou grecque ', cela prouve seulement que le rédacteur connaissait les littératures arabe et grecque ,

' Voyez plus haut , page 7.

^ Par exemple les noms : Beria , Kisra» Elfarok,

* Gomme : Arislote , Bippocrate , Apollonios , etc.

les pl^s euitivées aa idoyeà âge dans les éco^ Jes juives. .■. V.

, Dans 1^ Paraboles: de Sendabar nn trouve quelques eontes supplémentaires * pour remplir le cadre que Tauteur s'est assigné, et qui €00»^ ra ce !|ue. chacun, des jsept Sages débite deu}^ conte^y auxquds^Ia reioe répond par Mv^ autre ^ ce qui fait, ensemble vingt et un. Voici Tordre dans lequel se trouvent ces différentes histoires :

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