LA MORT D^ABSALON
• NV.tait-ee pas, dit-il, le roi David que ta femme citait pour exemple ? Mais ce roi n'a^ vait-il pas plus de 61s que toi, et ne leur pardonna-t-il pas cependant leurs fautes?
» Lorsqu'il s'enfuit avec Joab , ne lui dit-il pas en présence de son peuple :
cr Conduis-toi avec douceur vis-à-vis du X jeune Absalon ' ? )>
» Ne pleura-t-il pas sur son fils , lorsqu'il fut tué? Hélas! il s'écria :
« Mon fils Absalon! à mon fils ! mon fils ^ ! i»
)i Et si cela avait été en son pouvoir , n'au" rait-il pas tué Joab. Il ne l'épargna que pour
* Samuel y livre II, chapitre 18.
3 Samuel, livre II , chapitre 19.
le mettre entre les roalas de son fils Salomon^ à qui il ordonna de le faire mourir. Cependant le ciel et la terre ont été témoins des méfaits A^Àhsalm , tandis que ton fils n'a commis aucune offense envers toi, aucune faute.
Peux-tu te décider à le faire périr ? peux-tu te décider à ein terminer son nom , et ]a postérité issue de toi, et la maison de tes ancêtres? Tu resterais donc sans enfants , tandis que David avait plusieurs fils, et que, malgré la perte de deux d'entre eux, il lui en restait encore d'autres. Et puis, David, à cette époque, était encore jeune ; mais toi , tu es vieux ; Dieu t'a gratifié d'un fils dans ta vieillesse , et tu veux pour jamais l'éloigner de tes yeux !
)) Si^ ô roi mon maître, d'après les conseils de ta femme, tu hais ton fils parce qu'il est muet , il serait , au contraire , de ton devoir de rechercher des remèdes et tous les moyens de salut pour \uu D'ailleurs, est-ce là un trop pe-* sant fardeau , car il est plus facile de faire tou-
— laites les guerres du royaume indien tout entier que de lutter contre une femme ?
}> C'est à ce]a que ]e roi mon seigneur peut reconnaitre l'astuce de la femme ; car les conseillers du roi ont découvert la trace de sa ruse.
» Toi , tu ne sais pas que , si un homme a une femme stérile , qui ne lui donne pas d'enfants , elle ne souhaite pas autre chose que de voir son mari dans l'impossibilité d'avoir des enfants d'une autre femme. 11 en est ainsi de ta femme : comme elle n'a pas eu d'enfant de toi, elle ne garde aucun ménagement pour faire mourir ton fils, issu d'une autre femme. Par-là il n'y aura pas d'héritier, et elle se rapproche d'autant plus du trône après ta mort. Ne sais'tu donc pas ce qui arriva à un possédé du démon avec sa femme?
Le roi dit alors « Raconte-moi donc l'histoire de ce possédé du démon ? »
Le conseiller lui parla en ces termes :