‹ Paraboles; ou, Réflexions édifiantes de ThéophileChapitre 24 sur 73 · LE GRAIN DE SABLE DANS L'ŒJL · texte numérisé non relu

LE GRAIN DE SABLE DANS L'ŒJL

Un enfant dans l'œil duquel un grain de sable s'était introduit tandis qu'il jouait, se frotta l'œil si longtemps sans parvenir à l'en faire sortir , que la douleur augmenta et l'œil devint très-rouge. L'enfant désolé courut à son père ; celui-ci plaça une petite perle dans l'œil de son fils, lui ordonna de le fermer et de le faire rouler plusieurs fois dans l'orbite ; après quoi la perle tomba et le grain de sable s'y trouva attaché.

Cet incident suggéra à Théophile les ré-

flexions suivantes : < L'œil y dit-il , est la lu* mière du corps; il saisit tout objet qui se présente à lui , mais ne peut se voir lui-même. Il est si délicat qu'il ne peut supporter un grain de sable , mais il pleure et souffre jusqu'à ce qu'il en soit délivré. Ceci est une image de la conscience, laquelle, bien que les hommes l'oublient souvent, connaît, comprend, juge toutes choses; et elle le fait d'autant mieux que voyant de nuit comme de jour, aucune œuvre de ténèbres ne lui échappe. Souvent il arrive qu'un homme , engagé dans le fatal chemin de l'amour-propre et de la présomption, estime que le péché n'est qu'un grain de sable; toutefois , ô Dieu ! que de douleurs et d'angoisses un tel grain de sable procure à sa conscience !

Gomme il la blesse ! comme il la fait pleurer ! Mais la délivrance , Dieu des miséricordes , se trouve auprès de toi ! L'Evangile de Jésus est la noble perle (Matlh., XIII, 46) que tu places dans notre cœur blessé et agité, et cette perle bienfaisante enlève tous les péchés et en apaise la douleur. Par elle, nous trouvons la paix de nos âmes, nous faisons la guerre à nos désirs et nous pouvons te servir d'un cœur joyeux ! Aidemoi, Seigneur, à marcher avec circonspection et ^rde-moi, par ta grâce, de blesser ma conscience. »

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