LE CEP DE VIGNE
Un ami de Théophile se plaignait de ce qu'il était souvent troublé par le sentiment de la faiblesse de sa foi. Celui-ci lui montra un cep de vigne dont les sarments , enlacés autour d'un échalas , s'étaient fortifiés et portaient de nombreuses et belles grappes. — « Voyez celte tige flexible, dit-il; si elle n'est pas plus forte, c'est que le bon plaisir de son Créateur a été qu'elle ne le fût pas; toutefois, sa faiblesse ne lui a point été préjudiciable. De même , n'en doutez pas , si votre foi est sincère et sans hypocrisie , sa faiblesse ne saurait lui nuire. La foi est l'œuvre de Dieu ; il la donne comme il veut et dans la mesure qui lui plaît. Confiez-vous en sa grâce et acceptez les secours qu'il vous ofiFre. Nourrissez-vous de sa Parole , et que la croix du Rédempteur devienne votre appui.
L'homme qui connaît sa faiblesse et qui dépose ses humbles soupirs aax pieds du Très-Haut , lui est plus agréable que celui qui prend occasion de la fermeté et de l'assurance de sa foi pour s'enorgueillir. Penseriez-vous que Jésus ne
regarda pas avec plus d'amour la pécheresse pleurant à ses pieds que le phaj*isien rempli d'une présomptueuse confiance (Luc, VII, 37)? »