‹ Paraboles; ou, Réflexions édifiantes de ThéophileChapitre 71 sur 73 · LA SAINTE CÈNE · texte numérisé non relu

LA SAINTE CÈNE

On s'entretint un jour de la cérémonie de la cène , et Théophile s'exprima en ces termes : € Toutes les merveilles de l'amour de Jésus- Christ excitent ma joie et mon admiration, mais aucune ne m'émeut plus profondément que le sacrement de la cène. Oui , dans ce repas, Jésus nous donne véritablement à boire son sang et à manger sa chair. Là, il nous manifeste l'intensité de son amour comtne le soleil son éclat en plein midi. Là , il ne me donne ni vêtements , ni or, ni argent, ni couronne, ni sceptre, mais lui-même, son œuvre, le ciel et toute sa félicité. Là, mon âme s'unit spirituellement à son âme, mon corps à son corps, mon sang à son sang , mon cœur à son cœur ; ma faiblesse , ma misère , mon indigence , à sa divinité, à sa splendeur, à sa sainteté. Lorsque je m'approche de la table sacrée , je contemple par la foi, les plaies saignantes de mon Sauveur et je l'entends dire aux siens : Venez à moi vous tous qui êtes chargés et je vous soulagerai (Matth., XI, 28). Quand je réponds à son appel^

il me semble qu'il dit à mon âme : V(ms êtes en moi, et je suis en vous (Jean, XIV, 20). Et en m'éloignant de la table sainte mon âme dit : Je suis à mon bien-aimé et son désir tend à moi (Gant, des cant., VII, 10). Après ce céleste repas, je lis la dernière partie du huitième chapitre de répitre aux Romains. Oh I comme mon âme est alors rafraîchie ! comme mon cœur est consolé ! Qomme je suis fortifié contre Satan , le péché , l'enfer, la mort , le monde et la vanité I II me semble n'être plus ce que j'étais , mais être Christ, tant je sens que sa justice, sa victoire, sa vie et tout ce qu'il a est ma propriété.

J'ignore, pour ainsi dire , si le péché, la misère, les épreuves, le danger, la mort sont encore au monde ; je sais seulement que Jésus domine tout , et qu'il est mien. Âh ! monde impie et maudit , qu'est-ce que Dieu aurait pu faire de plus pour toi ? Et comment aurais-tu pu te montrer plus ingrat à son égard que tu ne l'as fait ? Il t'a donné son Fils et tu en as fait le ministre du péché (Gai., II, 17) I 11 t'a offert les richesses de sa grâce, et tu les as tournées en dissolution ; il t'a promis la rémission de tes péchés, et tu en as pris occasion de pécher davantage; il t'a convié par son Fils à un repas de charité , et tu t'en es fait un manteau pour couvrir ton hypocrisie et ta justice propre I

Maintenant donc, ô monde, comble la mesure de ta méchancelé : le Dieu saint et juste la secouera bientôt dans ton sein I

> Ah I Seigneur Jésus , unis-moi au petit nombre de ceux qui apprécient la haute valeur de tout ce que tu dis , ordonnes, fais et dispenses y et que ton repas sacré soit toujours pour moi le ciel sur la terre I j»

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