‹ Parades inédites [par] Th.S. Gueullette. Avec une préfChapitre 57 sur 109 · LES LAPINS . II · texte numérisé non relu

LES LAPINS . II

GlLLE.

Non, pas moy; mais luy, il a mis un escu qu'il avoit dans sa poche.

Cassandre.

Et qui a esté le dépositaire de cet escu ?

Gille.

Je vous dis que c'est sa poche.

Cassandre.

Tout cecy me paroist embrouillé. Enfin, l'échevin a donc jugé en ta faveur.

Gille.

C'est ce qui vous trompe, j'ay perdu la gageure.

Cassandre.

Comment i

Gille.

Il a décidé gravement que c'estoient deux chats, et m'a dit que c'estoit sans doute une plaisanterie de vostre part pour me faire berner par les clercs de vostre procureur.

Cassandre.

Quel conte ! Cela n'est pas possible.

Gille.

C'est très vray, Monsieur.

Cassandre.

Enfin, qu'as-tu fait de mes deux lapins de garenne ?

Gille.

Dites donc de vos deux chats.

Cassandre.

Comment, des chats ?

Il8 DEUXIÈME PARADE

GlLLE.

Ouy, Monsieur, cela est jugé.

Cassandre.

Par qui jugé?

Gille.

Par cet échevin.

Cassandre.

Quelle patience il faut avoir avec ce butor ! Eh bien ! qu'as-tu fait de ces chats ?

Gille.

Ah ! vous en convenez donc î Cassandre.

Nullement, mais c'est pour avoir de toy une réponse positive.

Gille.

Parguenne, que vouliez-vous que j'en fisse ? Je les ay jetés au nez de celuy contre qui j'avois gagé. Il les a ramassés seulement à cause de la peau ; mais quoiqu'il eût gagné la gageure, il a eu la politesse de ne pas me demander ma pièce de vingt-quatre sols. Cassandre.

Oh ! beste que tu es ! on ne m'a pas trompé sur ton compte. Ne te voilà t'il pas encore la dupe de deux fripons qui t'ont sans doute escamoté mes lapins !

Gille.

Ah ! Monsieur, ce sont d'honnestes gens et qui ne se connoissoient seurement pas.

Cassandre.

Je te soutiens, moy, que c'estoient deux fourbes ensemble.

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