‹ Parades inédites [par] Th.S. Gueullette. Avec une préfChapitre 56 sur 109 · LES LAPINS I I · texte numérisé non relu

LES LAPINS I I

GlLLE.

Eh ! ouy, ouy ï] J'iray luy porter un chat au lieu d'un lapin, afin qu'il me fasse étriller !... Cassandre.

Cecy est pour moy du haut allemand.

Gille.

Qu'est-ce que vous m'avez donné à porter à vostre procureur ?

Cassandre.

Deux lapins de ma garenne.

Gille.

Ah! ouy. Deux lapins. Fiez-vous-y ! J'estois dans la bonne foy, moy. Vous me dîtes : Gille, porte ces lapins à mon procureur. J'y vais.

Cassandre.

Il les a donc reçus.

Gille.

Doucement! J'allois sottement exécuter vos ordres...

Cassandre.

Sottement? Et qui est-ce qui t'en a empesché?

Gille.

Un galant homme que j'ay heureusement rencontré et qui fait commerce de peaux de connins. Cassandre.

Mais pourquoy t'en a-t-il empesché?

Gille.

Il les repasse, ces peaux de connins. Ensuite il les vend aux fou... aux fou...

Aux fourreurs.

Il6 DEUXIÈME PARADE

GlLLE.

Ouy, justement, à ces gens-là.

Cassandre.

Mais viens donc au fait!

Gille.

M'y voicy. Il m'a demandé si je voulois luy vendre la peau de mes deux chats.

Cassandre.

Quels chats ?

Gille.

Eh î parbleu, de vos prétendus lapins de garenne.

Cassandre.

Mais tu extravagues.

Gille.

Attendez, vous n'y estes pas. Ecoutez jusqu'au bout. Je me suis fasché d'abord. Je luy ay soustenu que c'estoient des lapins; il s'est moqué de moy. Enfin nous avons parié, luy que c'estoient des chats, moy, des lapins, et nous avons pris pour juge le premier passant. Il s'est heureusement trouvé que c'estoitun échevin.

Cassandre.

Ah ! je respire. Si véritablement c'estoit un éche- ~vin, je suis certain que tu as gagné la gageure. Et en quoy consistoit-elle?

Gille.

Dans les vingt-quatre sols que vous me devez.

Cassandre.

Vous n'avez donc pas mis au jeu?

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