GILLE, PRENS-TOUT, LAISSE-RIEN, LE MAISTRE
GlLLE.
Toc, toc, toc.
Prens-Tout déguisé et parlant du ne-{.
Que voulez- vous, Monsieur?
GlLLE.
Je vous demande mon panier, Monsieur ?
Prens-Tout.
Ton... ton... ton panier?
GlLLE.
Eh ! ouy, mon panier que vous m'avez pris pour rire.
Prens-Tout.
Ton panier? N'y a point de panier, n'y a point de panier, n'y a point de panier !
Gille appelle son maistre et luy dit : Monsieur, j'ay heurté à la porte; j'ay demandé mon panier.
Le Maistre.
Eh bien?
Gille, parlant du ne\.
On m'a répondu : « N'y a point de panier, n'y a point de panier, n'y a point de panier. » Mais je ne
me tiens pas bien battu; j'y veux retourner. Eloignez-vous seulement.
{Le mesme la\\i se répète. Prens-Tout se présente à la porte, déguisé en suisse et boitant. Il luy dit: « N'y a point de panier ! » Gille, en racontant à son maistre ce qui vient de se passer, contrefait le suisse. Il retourne à la porte. Laisse- Rien se présente en Gascon et luy dit : « N'y a point de panier ! » Gille répète ce la\\i à son maistre.
Cassandre.
Ah! mon pauvre garçon, je vois bien que tu n'es qu'une beste, et comme il n'est pas possible de se servir de toy, tu peux prendre ton party et chercher un autre maistre. Je mériterois d'estre volé à chaque instant si je gardois un valet aussy sot. Gille.
Comment, Monsieur, vous me donnez effectivement mon congé?
Cassandre.
Sans doute, mon amy. Tu peux chercher une autre condition ou te pourvoir d'un maistre plus patient que moy; mais un autre t'auroit assommé du coup !
(7/ rentre.)