‹ Parades inédites [par] Th.S. Gueullette. Avec une préfChapitre 83 sur 109 · LE TAILLEUR I · texte numérisé non relu

LE TAILLEUR I

mon homme s'il ne me disoit pas : « Le Ciel t'assiste ! » C'est une maladie.

Gille.

Malepeste! il y faudra faire attention. . '

Le Tailleur.

Je vais éternuer. Prenez garde.

Le Maistre.

Ouy, Monsieur. A toy, Gille.

Le Tailleur.

Atchit ! atchit !

Gille.

Le Ciel t'assiste !

Le Tailleur.

Ah! coquin.

( Il rosse Gille. )

Gille.

Attends donc! Et pourquoy me bats-tu! N'ay-je pas dit : « Le Ciel t'assiste? »

Le Tailleur.

Ouy, mais j'ay éternué deux fois et tu ne m'as dit qu'une fois : « Le Ciel t'assiste ! »

Gille.

Cela estant, j'ay tort.

Le Tailleur.

Atchit !

Gille.

Le Ciel t'assiste !

Le Maistre.

Ah ! voilà qui est bien.

GlLLE.

Ma foy, avec cet homme-là, il faut toujours avoir l'esprit tendu.

Le Tailleur.

At... at... at...at...

GlLLE.

Oh! je n'y seray plus attrapé. « Le Ciel t'assiste! »

Le Tailleur.

Je suis mort! (77 rosse Gille.) Ah! traître! Ah! maraud !

Gille.

A qui diable en as-tu donc?

Le Tailleur.

Comment! misérable, tu m'as fait manquer mon éternuement. J'étouffe.

Gille.

Eh bien ! le Ciel ne t'assiste pas. J'y feray plus attention une autre fois.

Le Maistre.

Ah çà ! Gille, je te laisse chez ton nouveau maistre. Fais bien ton devoir.

Gille.

Ouy, Monsieur, vostre serviteur.

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